Résumé de la décision
La commune des Sables d'Olonne a demandé au juge des référés de désigner un expert pour examiner l'état d'un bâtiment situé 84 Avenue Alcide Gabaret, en raison de son mauvais état signalé. Le tribunal a rejeté cette demande, constatant que la commune n'avait pas fourni les informations nécessaires concernant le ou les propriétaires de l'immeuble, ce qui empêchait la mise en œuvre de la procédure de mise en sécurité. Le tribunal a également noté que la commune n'avait pas régularisé sa requête malgré une demande de régularisation. L'ordonnance précise que la commune peut soumettre une nouvelle demande en respectant les exigences légales.
Arguments pertinents
1. Absence d'informations sur le propriétaire : Le tribunal a souligné que la commune n'avait pas indiqué le nom et l'adresse du ou des propriétaires de l'immeuble, ce qui constitue un obstacle à la mise en œuvre de la procédure de mise en sécurité. En effet, "la procédure de mise en sécurité [...] n'est, par sa nature même, applicable ni aux immeubles n'ayant pas de propriétaire connu ni aux édifices appartenant à la commune elle-même."
2. Non-régularisation de la requête : Le tribunal a noté que la commune n'avait pas régularisé sa requête dans le délai imparti, malgré une demande de régularisation. Cela a conduit à la conclusion que la demande devait être rejetée.
3. Possibilité de recours ultérieur : Le tribunal a précisé que la décision ne fait pas obstacle à une nouvelle demande de la commune, à condition qu'elle soit correctement formulée et signée par une personne habilitée.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 511-9 du Code de la construction et de l'habitation : Cet article permet à l'autorité compétente de demander la désignation d'un expert pour examiner un bâtiment avant l'adoption d'un arrêté de mise en sécurité. Il stipule que "l'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation." Cela souligne l'urgence et la nécessité d'une procédure rapide en cas de danger imminent.
2. Article R. 511-2 du Code de la construction et de l'habitation : Cet article précise que la demande de désignation d'un expert doit suivre les dispositions du code de justice administrative, ce qui inclut la nécessité de fournir des informations complètes sur le propriétaire.
3. Article R. 556-1 du Code de justice administrative : Il établit que le juge peut désigner un expert sur simple requête, mais cela est conditionné par la nécessité de constater des faits susceptibles de donner lieu à un litige. La décision a souligné que la commune n'a pas respecté cette exigence en ne fournissant pas les informations nécessaires.
4. Articles L. 2212-2 et L. 2212-4 du Code général des collectivités territoriales : Ces articles confèrent au maire des pouvoirs de police générale pour faire cesser un danger. Le tribunal a rappelé que, en l'absence de la procédure de mise en sécurité, le maire peut agir en vertu de ces articles pour protéger la sécurité publique.
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Nantes repose sur des exigences procédurales strictes et souligne l'importance de la fourniture d'informations complètes pour la mise en œuvre des mesures de sécurité publique.