Résumé de la décision
M. C A, ancien directeur de l'institut universitaire de technologie (IUT) de La Roche-sur-Yon, a contesté la délibération du conseil de l'IUT du 23 mai 2023 qui a mis fin à ses fonctions. Il a demandé l'annulation de cette décision, arguant qu'elle avait été prise par un organe incompétent et qu'elle reposait sur des faits non établis, dans un contexte de harcèlement moral. Le tribunal a annulé la délibération, considérant que le conseil de l'IUT n'avait pas le pouvoir légal de mettre fin aux fonctions du directeur, et a condamné Nantes Université à verser 1 500 euros à M. A au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Incompétence de l'organe décisionnel : Le tribunal a souligné que le conseil de l'IUT n'avait pas la compétence pour décider de la cessation des fonctions du directeur. Selon l'article L. 713-9 du Code de l'éducation, le conseil est compétent pour élire le directeur, mais aucun texte ne lui confère le pouvoir de le révoquer. Le tribunal a donc conclu que la décision était entachée d'incompétence.
2. Absence de fondement factuel : Bien que le tribunal n'ait pas eu besoin d'examiner les autres moyens de la requête, il a noté que la décision attaquée ne reposait sur aucun fait matériellement établi, renforçant ainsi l'argument d'incompétence.
Interprétations et citations légales
1. Code de l'éducation - Article L. 713-9 : Cet article stipule que "Les instituts et les écoles faisant partie des universités sont administrés par un conseil élu et dirigés par un directeur choisi dans l'une des catégories de personnels qui ont vocation à enseigner dans l'institut ou l'école". Il précise également que "Les directeurs d'instituts sont élus par le conseil", ce qui implique que le conseil a un rôle d'élection, mais pas de révocation.
2. Code de l'éducation - Article D. 713-1 : Cet article précise que "Le directeur est élu à la majorité absolue des membres composant le conseil". Cela renforce l'idée que le conseil a un rôle limité à l'élection et non à la cessation des fonctions.
En conclusion, la décision du tribunal repose sur une interprétation stricte des compétences conférées par le Code de l'éducation, établissant que le conseil de l'IUT n'avait pas le pouvoir de révoquer le directeur, ce qui a conduit à l'annulation de la délibération contestée.