Résumé de la décision
M. A B, représenté par son avocat, a saisi le juge des référés pour demander l'injonction à l'autorité consulaire française à Casablanca de le convoquer pour l'enregistrement de sa demande de visa de travail, en raison de l'urgence liée à son emploi dans le secteur agricole. Le juge a rejeté la requête, considérant que M. B n'avait pas démontré avoir effectué les démarches nécessaires pour solliciter le visa, ce qui a conduit à l'absence d'urgence et d'utilité dans sa demande.
Arguments pertinents
1. Absence de démarches préalables : Le juge a souligné que M. B n'avait pas prouvé avoir entrepris des démarches pour demander son visa. Cela a conduit à la conclusion que ni l'urgence ni l'utilité de la mesure demandée n'étaient établies. Le juge a noté que "le requérant... n'établit toutefois pas par les pièces qu'il produit avoir effectué la moindre démarche en vue de solliciter la délivrance d'un tel visa."
2. Conditions d'urgence et d'utilité : Selon l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés doit s'assurer que la demande présente un caractère d'urgence et d'utilité. En l'absence de preuves de démarches, ces conditions n'étaient pas remplies, ce qui a conduit au rejet de la requête.
3. Rejet des conclusions sur les frais d'instance : En raison du rejet de la demande principale, les conclusions relatives aux frais d'instance ont également été rejetées, le juge précisant que "les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-3... ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence et en tout état de cause, celles relatives aux frais d'instance."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures utiles en cas d'urgence, même sans décision administrative préalable. Il stipule que "En cas d'urgence et sur simple requête... le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision." Cela implique que la condition d'urgence doit être clairement établie pour que la demande soit recevable.
2. Conditions d'urgence et d'utilité : Le juge a rappelé que pour qu'une demande soit recevable, elle doit non seulement être urgente, mais aussi utile et ne pas se heurter à une contestation sérieuse. Cela est précisé dans le considérant 2 de la décision, où il est indiqué que "le juge des référés doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité."
3. Absence de contestation sérieuse : Le juge a également noté que la demande ne se heurtait à aucune contestation sérieuse, mais cela ne suffisait pas à établir l'urgence ou l'utilité, car M. B n'avait pas engagé de démarches pour obtenir son visa. Cela est en ligne avec le principe selon lequel "le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L 521-2."
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur l'absence de preuves de démarches effectuées par M. B pour obtenir son visa, ce qui a conduit à un rejet de sa demande pour manque d'urgence et d'utilité.