Résumé de la décision
M. I E A et Mme D F, agissant en leur nom propre et en tant que représentants légaux de leurs enfants mineurs, ont introduit une requête pour annuler une décision implicite de refus de visa de long séjour pour Mme F et les enfants, ainsi que pour obtenir une injonction de délivrance des visas. Cependant, après l'enregistrement de la requête, les visas ont été délivrés, rendant les demandes d'annulation et d'injonction sans objet. Le tribunal a donc décidé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur ces conclusions. En ce qui concerne les frais de justice, l'État a été condamné à verser 800 euros à l'avocate des requérants, sous réserve qu'elle renonce à la part contributive de l'État.
Arguments pertinents
1. Absence d'objet des conclusions : Le tribunal a constaté que les visas avaient été délivrés après l'introduction de la requête, ce qui a entraîné le retrait implicite de la décision contestée. Par conséquent, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sont devenues sans objet. Le tribunal a affirmé : « Ainsi, la décision attaquée a implicitement mais nécessairement été retirée. Dans ces conditions, les conclusions de M. E A et Mme F aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer. »
2. Frais de justice : Étant donné que M. E A a bénéficié de l'aide juridictionnelle totale, le tribunal a décidé de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros pour couvrir les frais d'avocat, sous réserve de renonciation à la part contributive de l'État. Le tribunal a précisé : « Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Lejosne, avocate du requérant renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État la somme de 800 euros. »
Interprétations et citations légales
1. Article R. 222-1 du code de justice administrative : Cet article permet aux présidents de tribunal administratif de constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête lorsque celle-ci ne présente plus d'objet. La décision du tribunal s'appuie sur ce texte pour justifier l'absence de statuer sur les conclusions d'annulation et d'injonction.
2. Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : Cette loi régit les conditions d'octroi de l'aide juridictionnelle et les modalités de prise en charge des frais de justice. Le tribunal a appliqué les dispositions de cette loi pour déterminer le montant à verser à l'avocate des requérants, en tenant compte de l'aide juridictionnelle totale accordée à M. E A.
En conclusion, la décision du tribunal administratif de Nantes a été fondée sur l'absence d'objet des demandes d'annulation et d'injonction suite à la délivrance des visas, tout en respectant les dispositions légales relatives à l'aide juridictionnelle pour le remboursement des frais d'avocat.