Résumé de la décision
La requête enregistrée le 5 janvier 2024 par MM. C A, Ubaidullah A, Sahil A, Sohil A, Mohammad Elham A et Mmes B A, Madiha A et Marwah A, représentés par Me Pafundi, vise à suspendre l'exécution d'une décision implicite de refus de convocation par l'autorité consulaire française à Téhéran, concernant leur demande de visa de long séjour pour réunification familiale. Le juge des référés a rejeté cette requête, considérant que les requérants ne démontraient pas un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée et qu'ils s'étaient placés eux-mêmes dans la situation d'urgence qu'ils invoquaient.
Arguments pertinents
1. Condition d'urgence : Les requérants soutiennent que la séparation prolongée entre le réfugié et sa famille justifie l'urgence de leur demande. Cependant, le juge a estimé que cette urgence n'était pas fondée, car les requérants avaient manqué un rendez-vous fixé par l'autorité consulaire.
2. Doute sérieux sur la légalité : Les requérants ont invoqué des violations des articles L. 561-2 et R. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que des articles 8 et 3 de la Convention européenne des droits de l'homme. Toutefois, le juge a conclu que les moyens avancés ne créaient pas de doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment parce que les requérants n'avaient pas honoré le rendez-vous qui leur avait été proposé.
> "Il incombe à l'autorité consulaire saisie d'une demande de visa au titre de la réunification familiale... de convoquer ces personnes afin de procéder, notamment, aux relevés de leurs empreintes digitales."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de suspendre l'exécution d'une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Le juge a appliqué cet article pour évaluer la demande de suspension.
> "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés... peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision... lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision."
2. Article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article stipule le droit des réfugiés et des titulaires de protection subsidiaire de faire venir leur famille. Le juge a souligné que ce droit implique la possibilité de solliciter un visa, mais que les requérants doivent également respecter les procédures établies.
> "Le droit pour les réfugiés et titulaires de la protection subsidiaire de faire venir auprès d'eux leur conjoint et leurs enfants... implique que ceux-ci puissent solliciter et... obtenir un visa d'entrée et de long séjour en France."
3. Convention européenne des droits de l'homme : Les articles 8 et 3, invoqués par les requérants, protègent respectivement le droit au respect de la vie privée et familiale et interdisent les traitements inhumains ou dégradants. Le juge a considéré que les moyens avancés ne démontraient pas une violation manifeste de ces droits dans le contexte de la décision contestée.
En conclusion, le juge des référés a rejeté la requête, considérant que les requérants n'avaient pas établi un doute sérieux sur la légalité de la décision de l'autorité consulaire et qu'ils avaient contribué à leur propre situation d'urgence.