Résumé de la décision
Mme A B, ressortissante malienne, a demandé au juge des référés d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer un titre de séjour mention "vie privée et familiale" ou "salarié", ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande après lui avoir accordé une autorisation provisoire de séjour. Elle a soutenu que sa situation était urgente en raison d'un commandement de quitter les lieux et de l'impossibilité d'obtenir un contrat de travail. Le juge des référés a rejeté sa requête, considérant que la condition d'urgence n'était pas remplie, car la demande de titre de séjour était en cours depuis plus d'un an et que le récépissé de demande était régulièrement renouvelé.
Arguments pertinents
1. Condition d'urgence : Le juge a souligné que la requérante ne justifiait pas d'une situation d'urgence nécessitant une intervention rapide. Il a noté que la précarité de son droit au séjour et le risque d'expulsion ne suffisaient pas à établir une urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
> "Il suit de là que la condition d'urgence n'est pas remplie."
2. Durée de la procédure : Le juge a pris en compte que la demande de titre de séjour avait été présentée le 24 août 2021 et que le récépissé était régulièrement renouvelé depuis le 8 mars 2022, ce qui indique que la situation de la requérante n'était pas nouvelle.
3. Responsabilité de la requérante : Le juge a également mentionné que la situation d'urgence ne devait pas découler de la négligence ou de la carence de la requérante, ce qui pourrait l'empêcher d'invoquer l'urgence.
> "L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement et tenir compte du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette pas d'invoquer utilement la notion d'urgence."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-2 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale en cas d'atteinte grave et manifestement illégale. La condition d'urgence est essentielle pour justifier une intervention rapide.
> "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale..."
2. Article L. 522-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge de rejeter une demande qui ne présente pas un caractère d'urgence ou qui est manifestement irrecevable ou mal fondée.
> "Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée..."
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une appréciation rigoureuse des conditions d'urgence et de la situation de la requérante, en se fondant sur les dispositions du code de justice administrative.