Résumé de la décision
M. et Mme E, propriétaires de parcelles cadastrées, ont demandé la suspension de l'exécution d'un arrêté préfectoral du 11 mai 2023 déclarant leurs parcelles cessibles pour cause d'utilité publique au profit de la commune de Bretteville-du-Grand-Caux. Ils ont soutenu que l'urgence était présente et qu'il existait un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Le préfet de la Seine-Maritime a contesté ces arguments, affirmant que l'urgence n'était pas établie et que les moyens de légalité soulevés n'étaient pas fondés. Le juge des référés a finalement rejeté la requête, considérant qu'aucun des moyens avancés ne créait un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté.
Arguments pertinents
1. Absence de doute sérieux sur la légalité : Le juge a conclu qu'aucun des moyens soulevés par M. et Mme E ne permettait de faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté préfectoral. Cela signifie que les arguments avancés par les requérants n'étaient pas suffisamment convaincants pour remettre en question la validité de la décision administrative.
2. Condition d'urgence : Bien que le juge n'ait pas eu besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, il a noté que l'absence de prononcé d'expropriation par le juge de l'expropriation pourrait affaiblir l'argument d'urgence avancé par les requérants.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner la suspension d'une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe un moyen créant un doute sérieux quant à la légalité de la décision. La décision a souligné que "lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision", il est possible d'ordonner la suspension.
2. Évaluation de la légalité : Le juge a examiné les arguments des requérants concernant la compétence de l'auteur de l'acte, la publication de l'arrêté, la mise à disposition du dossier, et la motivation de la décision. Il a conclu que ces éléments ne soulevaient pas de doutes sérieux sur la légalité de l'arrêté, ce qui est essentiel pour justifier une suspension.
3. Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : Bien que non explicitement cité dans la décision, le cadre juridique de l'expropriation est fondamental pour comprendre le contexte de la demande. Les requérants ont contesté la procédure d'abandon et la motivation de l'arrêté, mais le juge a estimé que ces contestations n'étaient pas suffisantes pour établir un doute sérieux.
En somme, la décision du juge des référés repose sur une évaluation rigoureuse des arguments présentés par M. et Mme E, concluant que ceux-ci ne parviennent pas à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté préfectoral, ce qui a conduit au rejet de leur requête.