Résumé de la décision
M. A C, ressortissant albanais, a demandé l'annulation d'un arrêté de la préfète du Bas-Rhin, daté du 15 février 2023, qui lui imposait une obligation de quitter le territoire français sans délai. Il a également sollicité l'aide juridictionnelle provisoire. Le tribunal a admis M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, mais a rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté, considérant que la préfète avait agi dans le cadre de ses compétences et que les droits de la défense avaient été respectés. Le tribunal a également noté que M. C constituait une menace pour l'ordre public en raison d'une condamnation pénale antérieure.
Arguments pertinents
1. Incompétence de l'auteur de la décision : Le tribunal a écarté le moyen d'incompétence en soulignant que la préfète avait délégué ses pouvoirs à un agent, M. E, pour signer les décisions relatives aux étrangers, conformément à un arrêté publié. Cela démontre que la décision était valide sur le plan de la compétence.
> "Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision doit être écarté."
2. Respect des droits de la défense : M. C a soutenu que ses droits de la défense n'avaient pas été respectés. Cependant, le tribunal a constaté qu'il avait eu l'opportunité de s'exprimer durant la procédure, ce qui a conduit à la conclusion que ce moyen manquait en fait.
> "Cependant il a pu s'exprimer au cours de la procédure portant obligation de quitter le territoire. Le moyen manque en fait."
3. Menace pour l'ordre public : Le tribunal a relevé que M. C avait été condamné pour des faits de menace de mort, ce qui justifiait le refus de lui accorder un délai de départ volontaire. Cela a été considéré comme une application correcte des dispositions légales.
> "Par suite, la préfète du Bas-Rhin pouvait, en application des dispositions précitées, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire."
Interprétations et citations légales
1. Délégation de signature : L'article L. 614-9 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permet la délégation de signature par la préfète, ce qui a été respecté dans ce cas.
> "Par un arrêté publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 7 octobre 2022, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à M. E pour signer les décisions relatives aux étrangers."
2. Droit de la défense : Le tribunal a appliqué le principe selon lequel les droits de la défense doivent être respectés, mais a constaté que M. C avait eu l'occasion de se défendre.
> "Le moyen manque en fait."
3. Obligation de quitter le territoire : Les articles L. 612-1 et L. 612-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipulent les conditions dans lesquelles un étranger peut être soumis à une obligation de quitter le territoire, notamment en cas de menace pour l'ordre public ou de risque de fuite.
> "L'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public."
En conclusion, le tribunal a statué en faveur de la légalité de l'arrêté de la préfète, tout en reconnaissant le droit de M. C à l'aide juridictionnelle provisoire.