Résumé de la décision
Mme B A, représentée par Me Schifferling-Zingraff, a déposé une requête le 11 mars 2024 auprès du juge des référés, demandant la prescription d'une expertise médicale, la condamnation du centre hospitalier de Lorquin aux frais et dépens, ainsi qu'une somme de 1 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Elle soutenait que son état de santé n'était pas consolidé suite à un accident de service survenu le 19 avril 2023. Le juge des référés, Mme Anne Lecard, a rejeté la requête, considérant qu'il n'existait pas d'utilité particulière à ordonner l'expertise demandée, étant donné qu'une procédure d'excès de pouvoir était déjà en cours.
Arguments pertinents
1. Utilité de la mesure demandée : Le juge des référés a souligné que l'octroi d'une mesure d'expertise est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal. Il a noté que la requérante ne justifiait pas d'une utilité distincte pour la mesure demandée par rapport à celle qui pourrait être ordonnée dans le cadre de la procédure d'excès de pouvoir en cours.
2. Absence de circonstances particulières : Le juge a constaté que Mme A n'apportait aucun élément justifiant que la mesure sollicitée soit nécessaire avant que le juge de l'excès de pouvoir n'ait pu en apprécier l'utilité. Cela a conduit à la conclusion que la requête ne pouvait être accueillie.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction". Le juge a interprété cet article en précisant que l'utilité de la mesure doit être appréciée en tenant compte de l'existence d'une perspective contentieuse recevable et des possibilités offertes au demandeur pour obtenir le même résultat par d'autres moyens.
2. Absence de nécessité d'une expertise immédiate : Le juge a noté que la requérante n'avait pas démontré que la situation justifiait une expertise immédiate, ce qui est essentiel pour l'octroi d'une mesure d'expertise en référé. Cela renforce l'idée que le juge des référés doit agir avec prudence et ne pas se substituer à d'autres voies de recours déjà engagées.
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une interprétation stricte des conditions d'octroi d'une expertise, en mettant l'accent sur l'absence d'une utilité immédiate et sur le fait qu'une procédure d'excès de pouvoir était déjà en cours, ce qui rendait la demande de Mme A prématurée.