Résumé de la décision
L'Union Syndicale Solidaires Tarn a déposé une requête le 14 juillet 2023 pour demander la suspension de l'arrêté du préfet du Tarn interdisant une manifestation prévue le 15 juillet 2023 en mémoire de Nahel et contre les violences policières. Le juge des référés a constaté que l'exécution de l'arrêté avait pris fin, rendant la demande sans objet. Par conséquent, il a décidé qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions de l'Union Syndicale Solidaires Tarn.
Arguments pertinents
1. Urgence et atteinte aux libertés fondamentales : L'Union Syndicale Solidaires Tarn a soutenu que l'interdiction de la manifestation portait une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'expression collective, à la liberté de réunion et à la liberté de manifestation. Le juge a reconnu que l'urgence était établie en raison de la date imminente de la manifestation.
2. Inapplicabilité de l'arrêté : Le juge a constaté que l'arrêté du préfet interdisant la manifestation avait pour effet d'interdire un événement qui, de toute façon, ne pouvait plus avoir lieu après le 15 juillet 2023. Il a donc conclu que l'exécution de l'arrêté n'était plus susceptible de porter atteinte à une liberté fondamentale, ce qui a conduit à la décision de ne pas statuer sur la demande.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-2 du code de justice administrative : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale lorsqu'une atteinte grave et manifestement illégale a été portée par une autorité publique. La décision a souligné que, bien que l'urgence ait été reconnue, l'atteinte à la liberté n'était plus d'actualité, rendant la demande sans objet.
> "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale." (Code de justice administrative - Article L. 521-2)
2. Article R. 222-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge de constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête lorsque les conditions d'urgence ou d'atteinte à une liberté fondamentale ne sont plus remplies. Le juge a appliqué cet article pour justifier sa décision de ne pas statuer sur la demande de l'Union Syndicale Solidaires Tarn.
> "Les présidents de tribunal administratif (...) peuvent, par ordonnance : (...) 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête." (Code de justice administrative - Article R. 222-1)
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur l'absence d'objet de la demande en raison de l'extinction de l'effet de l'arrêté contesté, ce qui a conduit à une absence de nécessité d'intervention judiciaire.