Résumé de la décision
La décision concerne un litige entre M. A..., qui a acquéri un bien immobilier sous accession aidée, et la Communauté d'Agglomération de la Riviera Française (CARF). Après que le tribunal d'instance a déclaré sa compétence incompétente au profit de la juridiction administrative concernant un titre exécutoire émis contre M. A... pour violation d'une clause de son contrat de vente, M. A... a saisi le tribunal administratif. Ce dernier, estimant que le litige relevait également de l’ordre judiciaire, a alors saisi le Tribunal des conflits sur la question de compétence. La décision conclut que la juridiction de l’ordre judiciaire est compétente pour traiter du litige, déclarant nulle et non avenue la procédure suivie devant le tribunal administratif, sauf le jugement rendu.
Arguments pertinents
1. La question décidée porte sur la compétence juridictionnelle, spécialement la distinction entre les juridictions judiciaires et administratives.
2. Le Tribunal des conflits a souligné que la nature du contrat entre M. A... et la société Bouygues immobilier, bien qu'il implique une clause anti-spéculative, reste un contrat de droit privé. Il a arguë que « l'insertion dans un contrat de vente... d'une clause... ne modifie pas la nature de ce contrat. »
3. Par conséquent, « la demande en annulation du titre exécutoire... relève de la juridiction judiciaire », ce qui a conduit à la décision de renvoyer le litige à cette dernière.
Interprétations et citations légales
1. Article 32 du décret n° 2015-233 du 27 février 2015 : Ce décret établit les règles de compétence entre les ordres juridictionnels, précisant que lorsqu’une juridiction délègue la compétence à l’autre ordre, celle-ci doit renvoyer le litige au Tribunal des conflits. Par exemple, « toute juridiction de l'autre ordre, saisie du même litige... doit... renvoyer au Tribunal des conflits le soin de décider sur la question de compétence. »
2. La distinction judiciaire/administrative: Le Tribunal a précisé que le recours à la notion de contrat de droit privé était fondamental. En ce sens, la compétence judiciaire était justifiée, car le titre exécutoire se base sur des dispositions contractuelles, régis par des règles de droit privé.
3. Nullité de la procédure : La décision se conclut par la déclaration de nullité de la procédure engagée devant le tribunal administratif, sauf pour le jugement du 25 janvier 2021. Ce jugement, tout en observant que le litige était mal orienté juridiquement, a permis de saisir la question du Tribunal des conflits.
Ainsi, cette décision réaffirme la prévalence de la juridiction judiciaire dans les litiges découlant de contrats de droit privé, même lorsqu'une entité publique est impliquée, en évitant les embroglio juridiques entre les deux ordres de juridiction.