Résumé de la décision
La SARL Christian Defoulounoux, exerçant sous l’enseigne IMMOPLUS, a assigné la SARL CETE en référé pour obtenir la résiliation de leur bail commercial en raison de défaut de paiement des loyers. Le tribunal a constaté la résiliation du bail à la date du 29 mai 2023, condamnant la société CETE à payer la somme provisionnelle de 14 342,87 euros pour les loyers et charges dus. Toutefois, en raison des difficultés de santé de la gérante de la société CETE, le tribunal a suspendu les effets de la clause résolutoire et a autorisé CETE à régler sa dette en 15 mensualités de 800 euros, tout en stipulant que le non-paiement d'une échéance entraînerait l'exigibilité immédiate de la totalité de la dette.
Arguments pertinents
1. Constatation de la résiliation du bail : Le tribunal a constaté la résiliation du bail pour défaut de paiement, en se basant sur le commandement de payer délivré et les sommes dues. La décision souligne que "la société Defoulounoux fait connaître que les loyers en cours n’ont pas été réglés", ce qui justifie la résiliation.
2. Suspension des effets de la clause résolutoire : Le tribunal a pris en compte les difficultés de santé de la gérante de la société CETE, ce qui a conduit à la suspension des effets de la clause résolutoire. Le tribunal a estimé que "les difficultés de santé de la gérante de la société CETE justifient la suspension des effets de la clause résolutoire".
3. Modalités de paiement : Le tribunal a autorisé la société CETE à régler sa dette en 15 mensualités, en précisant que "à défaut de paiement d’une seule échéance à son terme, la totalité de la dette sera exigible". Cela montre une volonté de conciliation tout en préservant les droits de la demanderesse.
Interprétations et citations légales
1. Résiliation du bail commercial : La résiliation d'un bail commercial pour défaut de paiement est régie par le Code de commerce. En vertu de l'article L145-41, le bailleur peut demander la résiliation du bail en cas de non-paiement des loyers. Le tribunal a appliqué cette disposition en constatant la résiliation du bail.
2. Suspension des effets de la clause résolutoire : La décision de suspendre les effets de la clause résolutoire repose sur le principe de l'équité et la prise en compte des circonstances personnelles du débiteur. Le tribunal a fait référence à l'article 1240 du Code civil, qui permet d'apprécier les circonstances atténuantes dans l'exécution des obligations.
3. Droit à un délai de paiement : Le tribunal a également fait usage de son pouvoir discrétionnaire pour accorder un délai de paiement, conformément à l'article 1244-1 du Code civil, qui permet au juge d'accorder des délais de grâce. Cela montre une application pragmatique de la loi pour éviter une expulsion immédiate, favorisant ainsi une solution amiable.
En conclusion, la décision du tribunal illustre un équilibre entre la protection des droits du bailleur et la prise en compte des difficultés rencontrées par le débiteur, tout en respectant les dispositions légales applicables.