Résumé de la décision
La SCI L3P a assigné la SARL FLGH en référé pour obtenir la résiliation de leur bail commercial et l'expulsion de la société pour loyers impayés. La SARL FLGH n'ayant pas comparu, le tribunal a constaté l'acquisition de la clause résolutoire au 18 février 2024, ordonné l'expulsion de la SARL FLGH avec astreinte, et condamné cette dernière à verser à la SCI L3P une provision de 22.981,46 euros pour loyers et charges impayés, ainsi qu'une indemnité d'occupation de 3.367,80 euros par mois. La SARL FLGH a également été condamnée aux dépens et à verser 1.500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Arguments pertinents
1. Acquisition de la clause résolutoire : Le tribunal a constaté que la clause résolutoire du bail était acquise en raison de l'absence de paiement des loyers par la SARL FLGH, conformément à l'article L.145-41 du code de commerce. La décision souligne que le commandement de payer, resté infructueux, a permis de constater cette acquisition.
> « L’obligation au paiement du loyer et son exigibilité aux dates contractuellement prévues résulte du bail qui fait la loi des parties et n’est pas sérieusement contestable. »
2. Expulsion et indemnité d'occupation : Le tribunal a ordonné l'expulsion de la SARL FLGH, considérant que son maintien dans les lieux constituait un trouble manifestement illicite. L'indemnité d'occupation a été fixée à 3.367,80 euros par mois, incluant une majoration de 50 %.
> « Son maintien dans les lieux en l’absence de titre et l’atteinte au droit de propriété ainsi causé constitue un trouble manifestement illicite que le juge des référés doit faire cesser en prononçant son expulsion. »
3. Provision pour loyers et charges impayés : Le tribunal a jugé que la créance de la SCI L3P pour les loyers et charges impayés n'était pas sérieusement contestable, ce qui a justifié l'octroi d'une provision.
> « La créance n’est pas sérieusement contestable de sorte qu’il convient de condamner la SARL FLGH à verser à la SCI L3P la somme de 22.981,46 euros, à titre de provision. »
Interprétations et citations légales
1. Article L.145-41 du code de commerce : Cet article stipule que toute clause de résiliation de plein droit dans un bail commercial ne produit effet qu'un mois après un commandement demeuré infructueux. Le tribunal a appliqué cette disposition pour constater la résiliation du bail.
> « Aux termes de l’article L.145-41 du code de commerce, toute clause insérée dans le bail prévoyant la résiliation de plein droit ne produit effet qu'un mois après un commandement demeuré infructueux. »
2. Article 835 du code de procédure civile : Cet article permet au président du tribunal judiciaire de prescrire des mesures conservatoires même en présence d'une contestation sérieuse. Le tribunal a utilisé cette disposition pour ordonner l'expulsion et la provision.
> « L’article 835 du code de procédure civile prévoit par ailleurs : « le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent. »
3. Article 700 du code de procédure civile : Cet article permet au juge de condamner la partie perdante à payer une somme à l'autre partie pour couvrir ses frais de justice. Le tribunal a condamné la SARL FLGH à verser 1.500 euros à la SCI L3P sur ce fondement.
> « La SARL FLGH devra, en outre, à son adversaire une somme de 1.500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile. »
Cette décision illustre l'application rigoureuse des dispositions légales en matière de baux commerciaux et de procédures d'expulsion, tout en soulignant l'importance de la comparution des parties dans le cadre des procédures judiciaires.