Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant la S.A. Diffazur à M. [G] [W], le juge des référés du tribunal judiciaire de Nice a rendu une ordonnance le 20 juin 2024. La S.A. Diffazur a demandé le paiement d'une provision de 19 397,05 euros pour des travaux de construction d'une piscine, ainsi que des dommages et intérêts pour résistance abusive. M. [G] [W], bien que régulièrement assigné, n'a pas comparu. Le tribunal a condamné M. [G] [W] à payer la provision demandée, une somme de 1 000 euros pour résistance abusive, et 1 200 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, ainsi qu'aux dépens.
Arguments pertinents
1. Sur la demande de provision : Le juge a statué que la créance de la S.A. Diffazur n'était pas sérieusement contestable, permettant ainsi l'allocation d'une indemnité provisionnelle. En vertu de l'article 835 alinéa 2 du Code de procédure civile, le juge des référés peut accorder une provision lorsque la créance est claire et non contestée. La décision précise : « Les pièces versées aux débats permettent d’allouer à la S.A. Diffazur une provision de 19 397,05 euros au titre de la phase gunite béton projeté et les margelles. »
2. Sur la demande de dommages et intérêts : Concernant la résistance abusive, le tribunal a jugé que la demande initiale de 7 000 euros était excessive et a réduit cette somme à 1 000 euros. Cela illustre le pouvoir d'appréciation du juge dans l'évaluation des dommages et intérêts, en tenant compte des circonstances de l'affaire.
3. Sur l'article 700 du Code de procédure civile : Le tribunal a également accordé 1 200 euros à la S.A. Diffazur pour couvrir ses frais d'avocat, conformément à l'article 700, qui permet d'allouer une somme à la partie gagnante pour ses frais de justice.
Interprétations et citations légales
1. Code de procédure civile - Article 835 : Cet article permet au juge des référés d'accorder une provision lorsque la créance est non sérieusement contestable. La décision souligne que « le juge des référés est habilité à allouer une indemnité provisionnelle, lorsque la créance du requérant n’est pas sérieusement contestable. »
2. Code civil - Article 1231-6 : Cet article stipule que les dommages et intérêts dus pour retard dans le paiement consistent en intérêts au taux légal, à compter de la mise en demeure. Le tribunal a appliqué cette disposition pour justifier l'octroi d'intérêts à la S.A. Diffazur à partir de la mise en demeure du 4 octobre 2023.
3. Code civil - Article 1231-1 : Cet article prévoit que le débiteur peut être condamné à des dommages et intérêts en cas d'inexécution de l'obligation. Le juge a utilisé cette base pour statuer sur la demande de dommages et intérêts pour résistance abusive, en précisant que « le débiteur est condamné, s'il y a lieu, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l'inexécution de l'obligation, soit à raison du retard dans l'exécution. »
En conclusion, cette ordonnance illustre l'application des principes de droit civil et de procédure civile dans le cadre d'une demande de provision et de dommages et intérêts, tout en mettant en lumière le pouvoir d'appréciation du juge des référés.