Résumé de la décision
Dans cette ordonnance de référé rendue par le Tribunal Judiciaire de Rennes, les demandeurs, Monsieur [O] [W] et Madame [T] [E], ont sollicité la participation de la SELARL David-Goïc & Associés, en sa qualité de liquidateur judiciaire de la SA Maisons Delta, aux opérations d'expertise ordonnées par une précédente décision du 7 avril 2023. Bien que régulièrement assignée, la SELARL n'a pas comparu. Le tribunal a déclaré que la SELARL devait participer à l'expertise, tout en laissant provisoirement les dépens à la charge des demandeurs.
Arguments pertinents
1. Absence de comparution du défendeur : Le tribunal a noté que, bien que la SELARL David-Goïc & Associés ait été régulièrement assignée, elle n'a pas comparu ni été représentée. Cela a conduit le juge à statuer sur le fond de la demande, conformément à l'article 472 du Code de procédure civile, qui stipule que "si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond".
2. Motif légitime pour la participation à l'expertise : Les demandeurs ont justifié leur demande en fournissant un extrait du BODACC attestant du placement en liquidation judiciaire de la SA Maisons Delta et de la désignation de la SELARL comme liquidateur. Le tribunal a conclu que cela constituait un motif légitime pour exiger la participation de la SELARL à l'expertise, en vertu de l'article 145 du Code de procédure civile, qui permet d'ordonner des mesures d'instruction dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice.
Interprétations et citations légales
1. Article 472 du Code de procédure civile : Cet article permet au juge de statuer sur le fond même en l'absence du défendeur. La décision souligne que le juge doit évaluer la régularité, la recevabilité et le bien-fondé de la demande. Cela est crucial pour garantir que les droits des parties soient respectés, même en cas d'absence.
> "Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée." (Code de procédure civile - Article 472)
2. Article 145 du Code de procédure civile : Cet article permet au juge d'ordonner des mesures d'instruction, comme une expertise, lorsque cela est justifié par un motif légitime. Dans cette affaire, la nécessité d'impliquer le liquidateur judiciaire dans l'expertise a été jugée essentielle pour une bonne administration de la justice.
> "Il convient de permettre à l'expert d'accomplir sa mission en présence des parties dont l'intervention est justifiée par un motif légitime." (Code de procédure civile - Article 145)
3. Article 491 du Code de procédure civile : Cet article stipule que le juge des référés statue sur les dépens. La décision a confirmé que les demandeurs, en tant que parties ayant sollicité l'expertise, conservent la charge des dépens, ce qui est conforme à la jurisprudence.
> "Le juge des référés statue sur les dépens." (Code de procédure civile - Article 491)
En conclusion, cette ordonnance illustre l'importance de la participation des liquidateurs judiciaires dans les procédures d'expertise, tout en respectant les droits des parties, même en cas d'absence de l'une d'elles. Les articles de loi cités fournissent un cadre juridique solide pour la décision prise par le tribunal.