Résumé de la décision
La décision rendue par le Tribunal judiciaire de Paris le 21 juin 2024 concerne une demande de Madame [M] [U] visant à rendre opposable à l’Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM) une ordonnance de référé antérieure, qui avait ordonné une expertise judiciaire. Cette expertise vise à déterminer si les séquelles dont souffre Madame [U] peuvent être imputées à des aléas thérapeutiques. Le tribunal a jugé que Madame [U] justifiait d'un intérêt légitime à faire participer l’ONIAM à cette expertise, et a ordonné que l’ordonnance de référé du 27 octobre 2023 soit rendue commune à l’ONIAM. De plus, il a fixé une provision complémentaire de 2.600 euros à consigner pour les frais d’expertise, tout en condamnant la partie demanderesse aux dépens.
Arguments pertinents
1. Intérêt légitime à l'expertise : Le tribunal a souligné que Madame [U] avait un intérêt légitime à faire participer l’ONIAM à l’expertise, en raison de la possibilité que les séquelles soient imputables à des aléas thérapeutiques. Cela est en accord avec l’article 145 du Code de procédure civile, qui permet d’ordonner des mesures d’instruction avant tout procès si un motif légitime est établi.
> "Il convient donc de faire droit à la demande."
2. Consignation des frais d’expertise : Le tribunal a également noté que le collège d’experts avait justifié la nécessité d’une consignation complémentaire de 2.600 euros pour couvrir les frais d’expertise, ce qui a été accepté par le tribunal.
> "Il ressort du courriel de l’expert judiciaire M. [D], que le travail à accomplir par le collège d’experts justifie une consignation complémentaire de 2.600 euros."
3. Condamnation aux dépens : En vertu de l’article 491, alinéa 2, du Code de procédure civile, le tribunal a condamné la partie demanderesse aux dépens, ce qui est une pratique courante dans les décisions de référé.
> "La partie demanderesse sera condamnée aux dépens."
Interprétations et citations légales
1. Article 145 du Code de procédure civile : Cet article permet d'ordonner des mesures d'instruction avant tout procès, à condition qu'il existe un motif légitime. Le tribunal a interprété cet article comme permettant à Madame [U] de justifier son intérêt à ce que l’ONIAM participe à l’expertise, en raison des séquelles potentielles liées à des aléas thérapeutiques.
> "Aux termes de l’article 145 du code de procédure civile, s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution du litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé."
2. Article 491, alinéa 2, du Code de procédure civile : Cet article stipule que le juge des référés statue sur les dépens. Le tribunal a appliqué cet article pour justifier la condamnation de la partie demanderesse aux dépens.
> "Aux termes de l’article 491, alinéa 2, du code de procédure civile, le juge des référés statue sur les dépens."
En conclusion, la décision du tribunal s'appuie sur des principes clairs du droit procédural, en reconnaissant l'intérêt légitime de la demanderesse à faire participer l’ONIAM à l'expertise, tout en imposant des obligations financières pour la couverture des frais d'expertise.