Résumé de la décision
Le Tribunal Judiciaire de Bourg-en-Bresse a rendu une ordonnance de référé le 23 juillet 2024 dans le cadre d'un litige entre la société CDB THALIA (demanderesse) et la société BATI SMG (défenderesse). La demanderesse a sollicité la constatation de l'acquisition de la clause résolutoire d'un bail commercial, le paiement de loyers impayés, ainsi que l'expulsion de la défenderesse. En raison de la non-comparution de la société BATI SMG, le tribunal a constaté l'acquisition de la clause résolutoire, ordonné l'expulsion de la défenderesse et condamné celle-ci à payer des sommes au titre des loyers impayés et des indemnités d'occupation.
Arguments pertinents
1. Acquisition de la clause résolutoire : Le tribunal a constaté que la clause résolutoire du bail commercial était acquise en raison du non-paiement des loyers par la société BATI SMG. En effet, un commandement de payer a été délivré le 11 avril 2024, et les sommes dues n'ayant pas été réglées dans le délai imparti, la résiliation du bail est intervenue de plein droit. Le tribunal a affirmé que "les causes de ce commandement n'ayant pas été intégralement acquittées dans le mois de sa délivrance, la clause résolutoire est acquise".
2. Indemnité d'occupation : Le tribunal a fixé l'indemnité d'occupation à titre provisionnel au montant du loyer et des charges, soit 770 € par mois, à compter de l'acquisition de la clause résolutoire. Cela reflète le principe selon lequel un locataire doit indemniser le bailleur pour l'occupation des lieux après la résiliation du bail.
3. Condamnation aux dépens : La société BATI SMG, en tant que partie perdante, a été condamnée aux dépens et à verser une indemnité de 1 000 € au titre de l'article 700 du Code de procédure civile, ce qui souligne le principe de la responsabilité des frais de justice par la partie qui succombe.
Interprétations et citations légales
1. Clause résolutoire : La décision s'appuie sur l'article L. 145-41 du Code de commerce, qui stipule que le bailleur peut faire jouer la clause résolutoire en cas de non-paiement des loyers. Cet article précise que le bailleur doit notifier le locataire d'un commandement de payer, et si le locataire ne s'exécute pas dans le délai d'un mois, le bail est résilié de plein droit.
- Code de commerce - Article L. 145-41 : "Le bailleur peut, en cas de non-paiement des loyers, faire jouer la clause résolutoire insérée dans le bail, après avoir délivré un commandement de payer."
2. Indemnité d'occupation : La fixation de l'indemnité d'occupation à 770 € par mois est conforme à la jurisprudence qui considère que le locataire doit indemniser le bailleur pour l'occupation des lieux après la résiliation du bail. Cela est également en ligne avec le principe de réparation intégrale du préjudice subi par le bailleur.
3. Dépens et article 700 : L'article 700 du Code de procédure civile permet au juge de condamner la partie perdante à verser une somme à l'autre partie pour couvrir ses frais de justice. Cela vise à garantir l'accès à la justice et à éviter que les frais ne soient un obstacle pour les parties.
- Code de procédure civile - Article 700 : "Le juge peut, dans sa décision, condamner la partie perdante à payer à l'autre partie une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens."
En conclusion, l'ordonnance du tribunal illustre l'application rigoureuse des dispositions légales relatives aux baux commerciaux, en garantissant la protection des droits du bailleur face aux manquements du locataire.