Résumé de la décision
Le 25 juin 2024, le Tribunal Judiciaire de Bordeaux a rendu un jugement concernant la demande de Monsieur [M] [E], locataire d'un logement appartenant à la SA DOMOFRANCE, qui sollicitait un délai pour quitter les lieux après une ordonnance de référé ayant ordonné son expulsion. Monsieur [E] a fait valoir qu'il était retraité, qu'il avait des revenus suffisants pour apurer sa dette locative et qu'il était en recherche d'un logement social. Cependant, le tribunal a rejeté sa demande, considérant qu'il ne justifiait pas de recherches sérieuses pour un relogement et qu'il n'avait pas apuré sa dette locative. La SA DOMOFRANCE a également vu sa demande de condamnation de Monsieur [E] au titre de l'article 700 du Code de procédure civile rejetée.
Arguments pertinents
1. Absence de justification de recherche de relogement : Le tribunal a souligné que Monsieur [E] ne présentait aucune pièce prouvant qu'il avait entrepris des démarches sérieuses pour trouver un nouveau logement, ce qui est essentiel pour obtenir un délai de départ. Le juge a noté que "Monsieur [E] ne verse aucune pièce aux débats établissant la recherche d’un autre logement".
2. Situation financière et dettes locatives : Bien que Monsieur [E] ait déclaré disposer de revenus annuels de plus de 16.000 euros, il n'a pas fourni de preuves de ces revenus ni apuré sa dette locative, qui s'élevait à 1.234,45 euros. Le tribunal a conclu qu'il ne justifiait pas d'une exécution régulière et de bonne foi de ses obligations contractuelles.
3. Équilibre entre les droits des parties : Le juge a rappelé que la décision devait respecter le droit de propriété du bailleur tout en tenant compte de la dignité humaine et du droit à un logement décent. Il a affirmé que "le juge, en considération de ces dispositions, d’octroyer ou non des délais dans le respect du droit de propriété".
Interprétations et citations légales
1. Code des procédures civiles d'exécution - Article L. 412-3 : Cet article permet au juge d'accorder des délais aux occupants d'un logement dont l'expulsion a été ordonnée, à condition que le relogement ne puisse se faire dans des conditions normales. Le tribunal a interprété cet article comme nécessitant une preuve de la recherche de relogement par le locataire.
2. Code des procédures civiles d'exécution - Article L. 412-4 : Cet article précise que les délais accordés ne peuvent être inférieurs à trois mois ni supérieurs à trois ans, et que le juge doit tenir compte de divers facteurs, y compris la bonne ou mauvaise foi de l'occupant. Le tribunal a noté que "Monsieur [E] ne justifie donc pas de l’exécution régulière et de bonne foi des obligations résultant du bail".
3. Équilibre des droits : Le tribunal a mis en avant le principe de proportionnalité, cherchant à établir un équilibre entre les droits du propriétaire et ceux de l'occupant. Cela a été résumé par la phrase : "ayant pour finalité d'établir un juste équilibre entre deux revendications contraires, celle du propriétaire et celle de l'occupant sans droit ni titre".
En conclusion, le tribunal a rejeté la demande de Monsieur [E] pour un délai de départ, soulignant l'absence de preuves de recherche de relogement et le non-paiement de la dette locative, tout en rappelant l'importance de respecter les droits de propriété et la dignité humaine dans le cadre des expulsions.