Résumé de la décision
M. et Mme B... ont formé une requête en appel contre un jugement du tribunal administratif de Toulouse, qui avait rejeté leur demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour l'année 2014. Les appelants soutenaient l'irrégularité de la procédure d'imposition et contestaient la réévaluation de leurs revenus par l'administration fiscale. Cependant, la cour a rejeté leur requête en considérant qu'ils n'avaient pas fourni de preuves suffisantes pour contester les sommes attribuées à leur compte courant d'associé et a estimé que leurs arguments étaient dépourvus de fondement.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité des moyens invoqués : La cour a noté que M. et Mme B... avaient reproduit les arguments du tribunal administratif sans offrir de nouveaux éléments ou critiques constructives. Par conséquent, la cour a écarté ces moyens en adoptant les motifs du jugement de première instance :
> "Il convient d'écarter ces moyens par adoption des motifs pertinents retenus par le premier juge."
2. Précision sur la présomption de revenus : La cour a rappelé que, selon le code général des impôts, les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé sont présumées être des revenus distribués, à moins que l'associé ne prouve le contraire. Cela a été fondamental dans le rejet de leur demande :
> "En application de la règle rappelée ci-dessus, les appelants ne peuvent utilement se prévaloir de ce qu'ils n'ont pas accepté les rehaussements notifiés en matière de revenus distribués pour renverser la présomption de mise à disposition de M. B... des sommes inscrites au crédit de son compte courant d'associé."
3. Indépendance des procédures : La cour a aussi souligné que les appelants ne pouvaient pas invoquer des décisions prises concernant la SARL pour contester leur situation personnelle, rappelant le principe d'indépendance des procédures :
> "M. et Mme B... ne peuvent utilement se prévaloir de la décharge [...] des suppléments d'impôt sur les sociétés mis à la charge de la SARL."
Interprétations et citations légales
1. Article R. 222-1 du code de justice administrative : Cet article permet à la cour de rejeter les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement.
- Citation : "les autres magistrats ayant le grade de président [...] peuvent [...] par ordonnance, rejeter [...] les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement."
2. Code général des impôts - Article 109 : Cet article définit ce qui est considéré comme des "revenus distribués" en cas de mise à disposition de sommes par les sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés. Il précise que l'associé doit fournir la preuve contraire pour éviter cette qualification.
- Citation : "Sont considérés comme revenus distribués [...] toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés [...] et non prélevées sur les bénéfices."
3. Principes de preuve et de présomption : La décision affirme que la charge de la preuve repose sur l'associé pour contester la présomption des revenus distribués. Cela est essentiel pour la compréhension des obligations fiscales des associés et la justification des impositions.
- Citation : "les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé [...] ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables."
Cette décision illustre la rigueur des dispositions fiscales et la nécessité pour les contribuables de fournir des preuves solides pour contester les prétentions de l'administration fiscale.