Résumé de la décision
M. et Mme C... ont saisi la cour administrative d'une requête visant à suspendre la mise en recouvrement de suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux qui leur avaient été imposés pour l'année 2014. Leur demande fait suite au rejet par le tribunal administratif de Poitiers de leur demande en décharge de ces impositions. La cour a rejeté la demande de suspension en raison de l'absence d'urgence, considérant que les époux n’avaient pas démontré que la mise en recouvrement aurait des conséquences graves sur leur situation financière.
Arguments pertinents
La décision repose sur deux conditions essentielles pour accorder la suspension d'une mise en recouvrement : l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision d’imposition et le caractère d'urgence de la situation. La cour a souligné que, dans le cas présent :
1. M. et Mme C... n'ont pas établi que la mise en recouvrement des impositions entraînerait des conséquences immédiates et graves sur leur situation financière, ne fournissant aucun élément sur leurs ressources financières ou leur patrimoine.
2. Par conséquent, la condition d'urgence, nécessaire à l'octroi de la suspension, n'est pas satisfaite.
En conséquence, la requête est rejetée :
« Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme satisfaite. La demande de suspension présentée par M. et Mme C... ne peut, dès lors, qu'être rejetée. »
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur le Code de justice administrative, spécifiquement :
- Code de justice administrative - Article L. 521-1 qui stipule que le juge des référés peut suspendre l’exécution d'une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe un doute sérieux quant à sa légalité. Cet article établit un cadre pour l'évaluation des demandes de suspension, impliquant que les requérants doivent démontrer des éléments qui prouvent ce doute.
- Code de justice administrative - Article L. 522-3 précise que si la demande ne présente pas de caractère d'urgence, le juge peut la rejeter sans analyse approfondie de son fond. Ce point est crucial pour les jugements en référé, car il souligne que l'absence d'urgence peut amener à un rejet immédiat d'une demande, indépendamment de la question de la légalité des impositions.
L'absence de preuves concernant les disponibilités financières des requérants a conduit la cour à conclure que les critères d'urgence n'étaient pas remplis : « En ce qui concerne la condition d'urgence, M. et Mme C... n'allèguent pas que la mise en recouvrement des suppléments d'impositions concernés serait de nature à entraîner des conséquences graves et immédiates sur leur situation financière... ».
Ainsi, la décision met en avant l'importance de l'examen rigoureux de la situation financière des contribuables dans les demandes de suspension d'imposition.