Résumé de la décision
Dans la décision N° 18BX02091 rendue par la cour administrative d’appel, la société Etats-Unis Burger conteste un jugement du tribunal administratif de Toulouse qui avait rejeté sa demande d'annulation d'une décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), l'obligeant à payer une contribution spéciale de 17 600 euros pour l'emploi irrégulier d'un travailleur étranger. La cour a confirmé le jugement de première instance et rejeté la requête de la société, considérant que la matérialité des faits reprochés était établie, malgré l'incarcération du gérant de la société au moment du contrôle.
Arguments pertinents
1. Matérialité des faits : La cour a affirmé que la société n’a pas contesté qu’elle avait continué ses activités en dépit de l’incarcération de son gérant. Il a été établi, par le procès-verbal du 11 mai 2015, que Mme B...A... a déclaré être responsable du restaurant, et qu'un salarié, M.E..., travaillait sans titre de séjour et n'était pas déclaré. Cela a conduit à une conclusion sur la matérialité de l'infraction.
2. Responsabilité de la société : La société a tenté de se soustraire à la sanction en arguant que le gérant était incarcéré, mais la cour a relevé la responsabilité de la société pour les faits d'emploi d'un étranger non autorisé. Le président de la chambre a noté : « la matérialité des faits reprochés est établie ».
3. Inapplicabilité de l'article R. 8253-2 : La cour a indiqué que la société ne pouvait pas se prévaloir des dispositions prévoyant l'absence de responsabilité dans certains cas, car le procès-verbal mentionnait également des infractions de travail dissimulé et la société n’avait pas prouvé qu’elle avait respecté ses obligations salariales envers l’employé en question.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 8251-1 du Code du travail : Cet article concerne l’infraction d’emploi d'un étranger sans autorisation de travail. La cour a appliqué ce texte en relevé que malgré l’absence temporaire du gérant, la société continuait de fonctionner avec des employés non autorisés. L'article précise que "le fait d'employer un étranger sans autorisation de travail est puni".
2. Article L. 8253-1 du Code du travail : Cet article établit la contribution spéciale que doit payer un employeur en cas d'emploi irrégulier. La cour a interprété cet article de manière à affirmer que la responsabilité de la société était engagée malgré la situation du gérant.
3. Article R. 222-1 du Code de justice administrative : La cour a exercé son pouvoir d'ordonner le rejet de la requête considérée comme manifestement dépourvue de fondement, affirmant que "les présidents des formations de jugement des cours peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (...) les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement".
Cette décision illustre la rigueur avec laquelle les juridictions administratives suivent les principes de responsabilité des employeurs dans le cadre de l'emploi d'étrangers sans autorisation, ainsi que l'importance de la preuve dans la contestation des infractions.