Résumé de la décision
La cour administrative d'appel a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant marocain, visant à annuler un jugement du tribunal administratif de Toulouse qui avait confirmé le refus du préfet de la Haute-Garonne de renouveler son titre de séjour pour raisons de santé. M. A... soutenait qu'il remplissait les conditions pour l'obtention d'un titre de séjour en raison de son état de santé, ainsi que des violations de ses droits au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, la cour a estimé que le préfet avait justifié son refus par des éléments concrets, notamment l'avis d'un collège de médecins indiquant que M. A... pouvait bénéficier de soins au Maroc.
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Arguments pertinents
1. État de santé et accès aux soins :
- M. A... a argumenté que son état de santé nécessitait un traitement médical, en vertu du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cependant, la cour a souligné que le collège de médecins de l'OFII avait conclu que, bien que son état de santé nécessite une prise en charge, il pouvait bénéficier d'un traitement approprié au Maroc (considérant 3). La cour a donc confirmé que le préfet n’avait pas méconnu cette disposition en refusant le renouvellement.
2. Vie privée et familiale :
- M. A... a également soutenu que son intégration en France devait être prise en compte au titre de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme. Cependant, le tribunal a noté qu’il n’apportait pas de preuves suffisantes de sa présence continue en France, étant donné qu'il avait un titre de séjour valide en Espagne. De plus, ses connexions familiales au Maroc n’étaient pas négligeables, ce qui affaiblit son argumentation (considérer 4).
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Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article L. 313-11 :
- L'article L. 313-11 stipule qu'un titre de séjour est délivré de plein droit à un étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité. La cour souligne l'exigence d'un traitement "effectif" adapté dans le pays d'origine, ce qui n'était pas établi par M. A... :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 : "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, [...] est délivrée de plein droit : [...] 11° [...] si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié."
2. Conséquences sur la vie privée et familiale :
- La cour s'appuie sur l'article 8 de la convention pour argumenter que la vie privée doit être respectée. Cependant, cette protection n'est pas absolue et doit être pesée contre les intérêts de l'État. Le manque de preuves tangibles d'une intégration spécifique à la France a conduit la cour à considérer que l'atteinte à la vie privée et familiale n'était pas disproportionnée par rapport aux motifs du refus.
- Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme - Article 8 : "Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance."
Cette analyse démontre que la décision de la cour s’appuie sur une interprétation rigoureuse des conditions légales nécessaires pour l’octroi d’un titre de séjour, notamment en matière de santé et d’intégration.