Résumé de la décision
Dans l'arrêt n° 16BX02071 rendu le 28 juin 2019, la cour administrative d'appel a condamné solidairement la communauté de communes de Viaur Ceor Lagast et la société Colas Sud-Ouest à verser 752 918 euros à M. B..., après déduction d'une provision antérieurement versée. Suite à une requête de M. B... et de la société Colas Sud-Ouest, une procédure de rectification pour erreur matérielle a été engagée. La cour a reconnu une erreur dans le montant total de l'indemnisation qui, après vérification des différentes sommes allouées, s'élevait en réalité à 772 319 euros. L'arrêt a donc été rectifié en conséquence, portant l'indemnité due à M. B... à ce nouveau montant.
Arguments pertinents
1. Erreur matérielle reconnue : La cour a examiné les montants alloués pour différents postes de préjudice et a constaté une incohérence dans le total initialement fixé. Elle a noté : « [...] la cour a commis une erreur de calcul qui affecte le montant de l'indemnité due à M. B... ».
2. Correction des montants : Après analyse, la cour a rectifié le montant total des condamnations à 772 319 euros, et a précisé que la somme due après déduction de la provision de 10 000 euros doit être de 762 319 euros, établissant ainsi une nouvelle base de calcul pour l'indemnisation. Le point 28 des motifs et l'article 2 du dispositif ont été modifiés en conséquence.
3. Rejet des autres conclusions : La cour a également rejeté toute modification supplémentaire demandée par M. B..., en précisant que la somme allouée par le tribunal administratif au titre des frais d'expertise n'était pas prise en compte dans ce calcul, car elle est indépendante des indemnisations principales attribuées à M. B...
Interprétations et citations légales
- Erreur matérielle : Conformément à l'article R. 833-1 du code de justice administrative, la cour a rappelé que "lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel [...] est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification." Cette disposition justifie la possibilité pour les parties de demander des corrections lorsque des erreurs de calcul ou de totalisation se présentent.
- Analyse des préjudices : La cour a analysé séparément les différents dommages et préjudices subis par M. B..., établissant un total précis des indemnités. Elle a noté que « les condamnations prononcées [...] s'élèvent, avant consolidation, à [...] et, après consolidation, à [...] » démontrant une méthode de décomposition de l'indemnisation qui a été nécessaire pour établir une base solide pour la rectification.
- Indépendance des frais d'expertise : La cour a précisé que la somme allouée pour les frais d'expertise n’était pas intégrée dans le calcul de l’indemnité principale due à M. B..., affirmant que cette somme est « due indépendamment du montant de la condamnation principale », ce qui souligne l’importance de distinguer différents types de préjudices dans les décisions d’indemnisation.
Ces éléments soulignent l'importance d'une rigoureuse vérification des montants accordés dans des décisions judiciaires, ainsi que l'application conforme des règles de droit lors de la rectification d'erreurs matérielles.