Résumé de la décision
M. B... a sollicité la révision de sa pension militaire d'invalidité au motif d'une nouvelle infirmité, la lombo-sciatique sur discopathie dégénérative, qu'il a tenté de relier à sa scoliose dorsale pensionnée. La ministre des armées a rejeté cette demande, arguant qu’aucun lien direct et certain n’existait entre les deux affections. Après expertise médicale, la cour administrative d'appel de Bordeaux a confirmé ce rejet et a décidé de mettre les frais d'expertise à la charge de l'État. M. B... n'a pas été autorisé à obtenir des frais d'avocat en raison de sa position de partie perdante.
Arguments pertinents
1. Absence de lien médical : L'expertise a conclu qu’il n’y avait pas de relation médicale directe entre la discopathie et la scoliose. Cette absence de lien a été déterminante dans le rejet de la requête de M. B....
- « L'expert a conclu à l'absence de relation médicale directe, certaine et déterminante entre la discopathie et la scoliose, ce que M. B... ne conteste plus dans ses écritures après expertise. »
2. Définitions légales relatives à la pension : Les articles du Code des pensions militaires d'invalidité précisent les conditions d'obtention et de révision des pensions, notamment les exigences de démonstration d'un lien d'imputabilité.
- « L'article L. 2 [...] Ouvrent droit à pension : 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service. »
3. Responsabilité de l'État pour les frais d'expertise : Bien que M. B... ait perdu son recours, les frais d'expertise ont été mis à la charge de l'État, ce qui souligne une certaine prise en charge des coûts judiciaires dans le cadre des affaires administratives.
- « Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de les mettre définitivement à la charge de l'État. »
Interprétations et citations légales
1. Code des pensions militaires d'invalidité - Article L. 121-1 : Cet article établit les droits à pension pour les infirmités dues à des blessures en service. La loi reconnaît l'importance d’un lien d'imputabilité clairement défini, ce qui est essentiel dans le cadre des demandes de révision, notamment lorsqu'une nouvelle infirmité est invoquée.
2. Code des pensions militaires d'invalidité - Article L. 121-2 : La présomption d'imputabilité est posée lorsque la preuve ne peut être apportée, mais elle nécessite que la filiation médicale entre les blessures et les maladies soit établie.
- « [...] la présomption d'imputabilité au service bénéficie à l'intéressé à condition : [...] que soit établie, médicalement, la filiation entre la blessure ou la maladie ayant fait l'objet de la constatation et l'infirmité invoquée. »
3. Code des pensions militaires d'invalidité - Article L. 154-1 : Cet article précise les conditions dans lesquelles une pension peut être révisée et sur quelles bases, affirmant que l'aggravation des invalidités doit être exclusivement imputable aux blessures pour lesquelles la pension a été accordée.
- « [...] l'aggravation ne peut être prise en considération que si le supplément d'invalidité est exclusivement imputable aux blessures et aux maladies constitutives des infirmités pour lesquelles la pension a été accordée. »
Ces considérations juridiques montrent comment le cadre légal encadre la question des pensions militaires d'invalidité, tout en rappelant le rôle majeur de l'expertise médicale dans l'évaluation des demandes de révision.