Résumé de la décision
La SCI Esquisse, représentée par son liquidateur, avait demandé à la cour d'annuler une décision du tribunal administratif de Pau qui avait rejeté une partie de ses conclusions concernant la décharge d'impositions au titre de l'impôt sur les sociétés pour les exercices 2007 et 2008. La cour a confirmé la décision du tribunal administratif, concluant que la SCI avait exercé une activité commerciale en procédant à la vente d'immeubles. En conséquence, la SCI a été jugée imposable à l'impôt sur les sociétés.
Arguments pertinents
1. Activité considérée comme commerciale : La cour a évalué que la SCI Esquisse avait agi comme un marchand de biens en achetant des immeubles dans le but de les revendre. Le tribunal a mis en avant le caractère habituel des ventes réalisées, en indiquant : "au regard du nombre et de la fréquence des ventes auxquelles la société a procédé, l'administration a pu estimer à bon droit que ces opérations revêtaient un caractère habituel."
2. Nature de l'acquisition : La SCI a prétendu que l'achat avait pour but la gestion locative et non la revente. Cependant, la cour a souligné qu’aucune démarche n’avait été faite pour louer les appartements non occupés, affirmant : "elle ne contredit pas l'administration qui fait valoir qu'elle n'a effectué aucune démarche pour louer les six appartements qui n'étaient pas loués lors de l'achat."
3. Conformité avec le cadre légal : La cour a réaffirmé la légalité de l'imposition sur les sociétés selon le Code général des impôts - Article 206, précisant que les sociétés civiles engagées dans des activités de vente immobilière sont soumises à l'impôt sur les sociétés : "l'activité de la SCI Esquisse avait un caractère commercial au sens de l'article 35 du code général des impôts."
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts - Article 205 et Article 35 : Ces articles stipulent que certaines sociétés, y compris celles ayant une activité de vente d'immeubles, sont soumises à l'impôt sur les sociétés. L'article 205 énonce les catégories de sociétés imposables, tandis que l'article 35 définit ce qui est considéré comme des bénéfices industriels et commerciaux : "présentent (...) le caractère de bénéfices industriels et commerciaux (...) les personnes qui, habituellement, achètent en leur nom, en vue de les revendre, des immeubles."
2. Critères d'appréciation de l'activité : Les ventes effectuées par la SCI, le nombre de lotissements et le caractère habituel de ces transactions sont des éléments déterminants dans l’évaluation de l’activité. Il en ressort que le comportement de la SCI était conforme aux critères établis par la loi, ce qui justifie l'imposition.
3. Conséquences sur la défense de la SCI : La cour a conclu que les arguments invoqués par la SCI concernant des difficultés rencontrées avec des locataires et des dissensions entre associés étaient non prouvés et sans incidence sur l’évaluation de son activité, ce qui a conduit à une décision de rejet de la demande d’exonération.
Cette décision souligne l'importance de la nature de l'activité exercée par les sociétés civiles dans le cadre de l'imposition à l'impôt sur les sociétés, en insistant sur le fait que la simple intention affichée de gestion locative ne suffit pas à échapper à cette imposition lorsque les faits indiquent une activité commerciale manifeste.