Résumé de la décision
Dans une requête enregistrée le 17 février 2016, le préfet de la Charente-Maritime a demandé l'annulation de l'ordonnance du 3 février 2016, qui avait rejeté sa demande de suspension du permis de construire accordé par le maire des Portes-en-Ré à M. D... pour une maison individuelle. La cour a statué que l'ordonnance était annulée et a décidé de suspendre l'exécution de l'arrêté municipal concernant le permis de construire jusqu'à décision sur la légalité de cet acte.
Arguments pertinents
1. Erreur manifeste d'appréciation : La cour considère que le moyen soulevé par le préfet, selon lequel l'arrêté du 12 octobre 2015 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation par rapport aux conditions de salubrité et de sécurité publique, crée un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté. Elle précise que l'appréciation des risques de salubrité et de sécurité doit prendre en compte la "probabilité de réalisation de ces risques" et la "gravité de leurs conséquences".
2. Suspension de l'exécution du permis : En conséquence, la cour annule l'ordonnance du juge des référés qui avait refusé la suspension et décide de suspendre l'exécution du permis de construire accordé.
Citations pertinentes :
- "le moyen, tiré de ce que l'arrêté... est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2... est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté."
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 554-1 et Article L. 2131-6 :
- L'article L. 554-1 stipule que les demandes de suspension par le représentant de l'État sont régies par des dispositions spécifiques qui prévoient que la suspension est accordée si des moyens paraissent créer un "doute sérieux" quant à la légalité de l'acte attaqué (L. 2131-6, al 3). La cour souligne l'importance d'analyser les éléments de doute qui peuvent justifier une suspension.
2. Code de l'urbanisme - Article R. 111-2 :
- Cet article précise que le permis de construire peut être refusé s'il risque de porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique. La cour rappelle que l'appréciation du risque de submersion marine doit être effectuée en tenant compte des données scientifiques disponibles. La phrase clé est : "l’autorité administrative doit apprécier, en l'état des données scientifiques disponibles, ce risque".
Ces articles de loi soulignent l'importance de la compétence de l'autorité d'urbanisme et du juge pour anticiper des conséquences sérieuses potentiellement engendrées par la délivrance d’un permis de construire en tenant compte des données vérifiables concernant la sécurité publique.
En sommaire, la cour, après avoir examiné les arguments du préfet, a jugé qu'un doute sérieux existait quant à la légalité du permis accordé et a ainsi décidé de suspendre son exécution.