Résumé de la décision
M. D..., un ressortissant espagnol, a contesté un arrêté du préfet de la Haute-Garonne daté du 27 août 2019, qui lui ordonnait de quitter le territoire français sans délai, fixait un pays de renvoi, et lui interdisait de circuler sur le territoire français pour une durée d’un an. Le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté par un jugement du 30 août 2019. M. D... a fait appel de cette décision. La cour a finalement confirmé le jugement du tribunal administratif, rejetant les arguments de M. D... selon lesquels l'arrêté était insuffisamment motivé, entaché d’une erreur d’appréciation, et méconnaissait des conventions internationales relatives aux droits de l'homme et des enfants.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de la motivation : La cour a noté que M. D... ne fournissait aucun élément nouveaux par rapport à l'argumentation précédemment évoquée devant le tribunal administratif. La cour a ainsi rejeté ses arguments en adoptant les motifs du premier juge, affirmant que le préfet avait correctement motivé son arrêté en procédant à un examen de la situation personnelle de M. D...
2. Examen de la situation personnelle : La cour a jugé que les allégations de M. D... concernant son statut (allocation adulte handicapé, vie familiale, etc.) n'étaient pas prouvées par des documents probants, comme l'attestation d'hébergement illisible. Cela a conduit la cour à conclure qu'il n'y avait pas d’erreur manifeste d’appréciation dans le traitement de sa situation par le préfet.
3. Validité des exclusions selon les conventions internationales : Les références à l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et à l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant n'ont pas été suffisamment étayées par M. D..., rendant ainsi ces arguments irrecevables.
Interprétations et citations légales
- Motivation de l'acte administratif : L'article 2 du Code de justice administrative stipule que les décisions administratives doivent être motivées. La cour a considéré que le préfet avait satisfait à cette exigence, en démontrant que son acte était fondé sur un examen approprié des éléments de la situation personnelle de M. D...
- Article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme : Cet article protège le droit au respect de la vie privée et familiale. La cour a pris en compte la situation de M. D..., mentionnant : “il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle”.
- Article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant : Cet article stipule que l'intérêt supérieur de l'enfant doit être primé dans toutes les décisions le concernant. Cependant, la cour a noté que M. D... n'avait pas démontré de manière convaincante comment l'arrêté du préfet aurait pu violer les droits de son enfant, se limitant à des allégations non documentées.
En conclusion, la décision du tribunal confirme la validité de l'arrêté préfectoral, fondée sur une appréciation des circonstances personnelles de M. D... et sur la conformité aux exigences de motivation, tant au regard du droit administratif interne que des conventions internationales.