Résumé de la décision
M. B... A..., co-associé et gérant de la SCI SFMS, a formé un recours devant la cour pour contester un jugement du tribunal administratif de La Réunion qui avait rejeté sa demande de décharge d'une cotisation d'impôt sur le revenu relative à une plus-value immobilière imposée au titre de l'année 2013. M. A... soutenait que l'imposition aurait dû être imputée à l'année 2012, en raison d’un changement de régime fiscal, et que l'avis de mise en recouvrement avait été effectué au nom de la SCI, constitutif d'une irrégularité. En réponse, le ministre a signifié que l'administration avait accordé un dégrèvement total pendant l'instance. Le tribunal a conclu qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la décharge demandée, mais a néanmoins accordé à M. A... une indemnité de 1 500 euros au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Délai d'imposition : M. A... a argumenté que, selon le troisième alinéa de l'article 202 ter III du code général des impôts, l'imposition liée à la plus-value latente aurait dû se faire pour l'année précédant immédiatement le changement de régime fiscal. Ce point est crucial car il remet en question la légitimité de la taxation pour l'année 2013.
> « [...] l'imposition immédiate de la plus-value était due au titre de l'année 2012 même si elle ne doit être déclarée que l'année suivante [...] »
2. Irregularités procédurales : M. A... a aussi fait valoir que l'avis de mise en recouvrement adressé au nom de la SCI constituait une irrégularité de procédure, insusceptible de régularisation. Cette irrégularité pourrait être déterminante pour l'acceptation ou non des demandes de taxation.
Interprétations et citations légales
Dans cette affaire, le code général des impôts - Article 202 ter III est au cœur du débat. L'interprétation de cet article souligne que lorsqu'une société change de régime fiscal, la plus-value latente doit être imposée dans l'année précédente ce qui conteste la bonne foi de la taxation faite pour l'année 2013.
Le mémoire en défense a souligné qu'un dégrèvement a été accordé en cours d'instance, ce qui enlève tout objet à la demande de décharge :
> « [...] l'administration a, par décision du 7 août 2020, soit en cours d'instance, accordé le dégrèvement total [...] »
Ce nouvel élément a conduit le tribunal à conclure qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les demandes de décharge. Toutefois, le maintien de la demande d'indemnité sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative a été un point de décision important, illustrant la prééminence de la reconnaissance des frais de justice liés à la défense :
> « [...] il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros [...] »
Conclusion
La décision du tribunal illustre la complexité des impositions liées aux plus-values immobilières et met en lumière l'importance des procédures administratives. La reconnaissance de l'indemnité en faveur de M. A... met en avant l'impact des frais de justice et la responsabilité de l'État dans ses décisions fiscales.