Résumé de la décision
M. C..., citoyen angolais, a demandé le renouvellement de son titre de séjour étudiant en France, en tant qu'étudiant inscrit dans une formation d'ingénieur. Le préfet de l'Oise a refusé cette demande par un arrêté en date du 12 octobre 2017, en arguant de la suspension de sa bourse par l'Institut national angolais de gestion des bourses, et a ordonné son départ dans les trente jours. M. C... a contesté cette décision devant le tribunal administratif d'Amiens, qui a rejeté sa demande. En appel, la cour a annulé le jugement du tribunal administratif ainsi que l'arrêté préfectoral, considérant que le préfet avait entaché sa décision d'une erreur de fait et qu'il avait méconnu les dispositions pertinentes de la loi. L'État a également été condamné à verser 1 000 euros à M. C... au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Erreurs de fait : La cour a souligné que le préfet n'a pas prouvé que la bourse accordée à M. C... avait été effectivement suspendue. En se basant uniquement sur cette suspension pour refuser le renouvellement du titre de séjour, la décision préfectorale était entachée d'une erreur de fait.
2. Méconnaissance des dispositifs légaux : Conformément à l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision de renouveler un titre de séjour étudiant dépendait de critères précis, parmi lesquels l'existence d'une bourse n'est pas nécessairement requise. La cour a ainsi conclu que M. C... remplissait les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour.
3. Absence de risque pour l'ordre public : L'arrêt précise que la présence de M. C... ne constitue pas une menace pour l'ordre public, et par conséquent, le refus de renouvellement du titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire étaient injustifiés.
Interprétations et citations légales
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-7 : Cet article stipule que la carte de séjour temporaire peut être accordée de plein droit aux étudiants qui établissent qu'ils suivent un enseignement et disposent de moyens d'existence suffisants.
Ainsi :
> "Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte mentionnée au I est accordée de plein droit [...]".
La cour a mis en évidence que le préfet se trompait en considérant que la suspension de la bourse était un facteur décisif pour le refus du titre de séjour, alors que les exigences pour l'octroi d'un titre de séjour mentionné dans cet article sont plus larges.
- Article L. 761-1 du code de justice administrative : La cour a également appliqué cette disposition pour allouer des frais de justice à M. C..., insistant sur le fait que les circonstances de l'affaire justifiaient une compensation financière en faveur du requérant.
En conclusion, la décision de la cour vise à protéger le droit d'un étudiant étranger dont la situation administrative n'était pas fondée sur des motifs pertinents et légaux, tout en affirmant l'importance de respecter les textes en matière de droit des étrangers.