Résumé de la décision
La cour a examiné la requête de M. D...C..., ressortissant érythréen interpellé en France, qui contestait un arrêté du 24 octobre 2015 l'obligeant à quitter le territoire français. Bien que le tribunal administratif de Rouen ait partiellement annulé cet arrêté, M. C... a fait appel pour contester la partie maintenue, soit l'obligation de quitter sans délai. La cour a rejeté la requête, estimant que l'arrêté était fondé légalement sur l'entrée et la présence irrégulières de M. C... sur le territoire français et que la préfecture avait respecté les procédures requises. Les demandes de dommages et intérêts sur le fondement des articles L. 761-1 et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ont également été rejetées.
Arguments pertinents
1. Examen particulier de la situation : La cour a constaté que M. C... avait été entendu par les services de police, qui lui avaient posé des questions sur son identité, son souhait de demander l'asile et son parcours migratoire. Cela a permis d'établir que l'autorité préfectorale avait bien examiné sa situation particulière, ce qui contredit l'argument selon lequel son cas n'aurait pas été pris en compte. Le jugement souligne que « compte tenu de ces déclarations, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des mentions de l'arrêté que la préfète n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de l'intéressé ».
2. Légalité de la mesure d'éloignement : La décision de la cour indique que l'éloignement de M. C... est justifié par son statut irrégulier en France, affirmant que « la mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. C... est légalement justifiée par son entrée et sa présence irrégulières sur le territoire français ».
3. Absence de détournement de pouvoir : La cour a écarté le moyen tiré du détournement de pouvoir, soulignant que l'autorité préfectorale avait agi en fonction des objectifs de la police des étrangers, et non pour faciliter l'éloignement à Calais.
Interprétations et citations légales
La décision se base sur plusieurs textes de loi ainsi que des principes issus de conventions internationales :
1. Convention Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) - Protocole n° 4, Article 4 : Ce texte interdit les expulsions collectives d'étrangers, une stipulation que M. C... a tenté d'invoquer. La cour a noté que « M. C... ne démontre pas que l'arrêté attaqué méconnaitrait les stipulations de l'article 4 du protocole n° 4 ». Cela souligne la nécessité d'examiner chaque cas individuellement, ce qui a été fait ici.
2. Derechos de l’Homme - Article 5 : La cour a rejeté l’applicabilité de cet article au contentieux d'éloignement, confirmant que « M. C... ne saurait se prévaloir des stipulations de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui sont inapplicables au contentieux de l'éloignement ».
3. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Bien que non repris dans une citation directe, ces articles établissent le cadre légal permettant l'éloignement d'un étranger en situation irrégulière. La cour reconnaît que l'éloignement de M. C... est conforme à ce cadre légal.
En conclusion, la cour a affirmé la légalité de l'arrêté d'éloignement en respectant les droits fondamentaux tout en statuant sur la nécessité d’une telle mesure pour un ressortissant en situation irrégulière.