Résumé de la décision
Le 23 janvier 2014, la commune de Corneuil a saisi la cour pour contester un jugement du tribunal administratif de Rouen qui l’a condamnée à verser 22 534,90 euros à la société TERH monuments historiques, pour non-exécution d’un contrat lié à la réfection de l'église Notre-Dame. La cour a confirmé le jugement de première instance, rejetant la requête de la commune et condamnant celle-ci à verser 1 500 euros à la société TERH au titre des frais exposés, en raison de la responsabilité contractuelle de la commune.
Arguments pertinents
1. Absence de mise en œuvre du contrat par la commune : La cour a constaté que la commune n’a pas émis d'ordre de service de démarrage des travaux, ce qui constitue une défaillance dans l'exécution de ses obligations contractuelles. L'absence de cet ordre est mise en évidence par le fait que la société TERH n’a pas pu débuter les travaux.
> "La commune a méconnu ses obligations contractuelles, commettant ainsi une faute de nature à engager sa responsabilité."
2. Silence de la société TERH comme acceptation tacite : Bien que la société n'ait pas signé les ordres de service, son silence a été interprété comme une acceptation des conditions du contrat, sans que cela dégage la commune de ses responsabilités.
> "Il n'appartenait pas au titulaire du marché de prendre l'attache du maître de l'ouvrage afin que ce dernier ordonne le commencement des travaux."
3. Calcul du manque à gagner : L'instruction n’a pas établi que le manque à gagner de la société était inférieur au montant retenu par le tribunal administratif. La cour a ainsi validé le montant de l'indemnisation.
> "Il ne résulte pas de l'instruction que le manque à gagner supporté par la société TERH monuments historiques serait inférieur à la somme de 22 534,90 euros."
Interprétations et citations légales
- Engagement contractuel et responsabilités : La décision met en avant l’importance des obligations contractuelles des parties, stipulées dans le Code des marchés publics. Ainsi, la commune, en tant que maître d'ouvrage, avait l'obligation de démarrer les travaux, ce qui n’a pas été fait.
- Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article régit la répartition des frais entre les parties au litige. Il a été appliqué pour condamner la commune à verser des frais à la société TERH, qui, en tant que partie gagnante dans cette instance, a droit à une indemnisation.
> "Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la société TERH monuments historiques... le versement de la somme que la commune de Corneuil demande..."
En conclusion, la décision confirme la responsabilité de la commune de Corneuil à ne pas avoir respecté ses engagements contractuels envers la société TERH monuments historiques, entraînant ainsi des conséquences financières pour la commune.