Résumé de la décision
M. F..., un ressortissant russe, a interjeté appel contre un jugement du tribunal administratif de Lyon ayant rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral du 19 octobre 2019, lui imposant l'obligation de quitter le territoire français, refusant un délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et lui interdisant de revenir sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. La cour a confirmé la décision du tribunal administratif, jugeant que M. F... n’établissait pas de manière convaincante une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, ni une erreur dans l'appréciation des circonstances de son dossier.
Arguments pertinents
1. Atteinte à la vie privée et familiale : La cour a rejeté l'argument selon lequel l'obligation faite à M. F... de quitter le territoire français portait une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, adoptant les motifs du tribunal administratif. Cela indique une reconnaissance de la légitimité de l'action de la préfecture face aux conditions de M. F..., renforcée par ses précédentes obligations de quitter le territoire.
> "Il y a lieu d’écarter ce moyen par adoption des motifs circonstanciés retenus à bon droit par les premiers juges."
2. Délai de départ volontaire : Le refus de l'octroi d'un délai de départ volontaire a également été confirmé. La cour a trouvé que le préfet n’avait pas commis d’erreur d’appréciation selon l’article L. 511-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
> "Il y a également lieu d’adopter les motifs par lesquels ces premiers juges ont écarté... le moyen tiré de l'erreur d'appréciation."
3. Conditions de renvoi : Concernant le choix du pays de renvoi, M. F... a argué du fait que le préfet n'avait pas examiné sa situation de manière suffisamment approfondie. La cour a rejeté cet argument, notant que les conclusions de M. F... réitéraient des critiques déjà examinées sans éléments nouveaux.
> "Il y a également lieu d’écarter ces moyens par adoption des motifs circonstanciés retenus à bon droit par les premiers juges."
Interprétations et citations légales
1. Codification des mesures concernant les étrangers :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 511-1 : Cet article définit les conditions dans lesquelles un étranger peut se voir imposer une obligation de quitter le territoire ainsi que les modalités d’octroi d'un délai de départ volontaire. La cour a confirmé l'interprétation de cet article par le tribunal administratif, soulignant que le préfet avait agi dans les limites de ses prérogatives.
2. Convention Européenne des Droits de l'Homme :
- Article 8 : Cet article garantit le droit au respect de la vie privée et familiale. La cour a considéré que le respect de ce droit dans le cadre d'une décision d'éloignement ne s'avérait pas proportionnel à la situation d'un étranger ayant d'ores et déjà fait l'objet de plusieurs obligations de quitter le territoire.
> "Le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant contre la mesure d'éloignement."
En résumé, la cour a jugé que les décisions administratives et les arguments de M. F... ne justifiaient pas une annulation des mesures prises à son égard, faisant prévaloir la compétence et l'appréciation discrétionnaire du préfet dans ce contexte.