Résumé de la décision :
M. et Mme F... ont interjeté appel du jugement rendu par le tribunal administratif de Dijon le 20 mars 2018 qui rejetait leur demande de remise gracieuse des pénalités afférentes à une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu pour l'année 2011. La cour administrative d'appel a constaté qu'elle n'était pas compétente pour connaître de la requête, car le tribunal administratif avait statué en premier et dernier ressort sur cette demande, conformément à l'article R. 811-1 du code de justice administrative. La requête de M. et Mme F... a donc été transmise au Conseil d'État.
Arguments pertinents :
1. Incompétence de la cour administrative d'appel : L'un des principaux arguments repose sur la compétence du tribunal administratif qui, selon le deuxième alinéa de l'article R. 811-1 du code de justice administrative, statue en premier et dernier ressort sur les demandes de remise gracieuse. Le jugement contesté visait spécifiquement une décision prise en matière fiscale sur une demande de remise gracieuse, ce qui exclut toute possibilité d'appel devant la cour administrative d'appel.
Citation pertinente : "Toute partie présente dans une instance devant le tribunal administratif [...] peut interjeter appel contre toute décision [...] Toutefois, le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort [...] sur les requêtes contestant les décisions prises en matière fiscale sur des demandes de remise gracieuse."
2. Transmission au Conseil d'État : En raison de l'incompétence constatée, la cour a décidé de transmettre le dossier au Conseil d'État, entraînant ainsi une sorte de clarification sur la compétence relative dans ce type de litiges.
Interprétations et citations légales :
La décision s'appuie principalement sur l'interprétation des dispositions du code de justice administrative régissant la compétence des juridictions administratives. L'article R. 811-1 du code de justice administrative précise les conditions et limites dans lesquelles un tribunal administratif peut décider en premier et dernier ressort. En l'espèce, la cour a mis en avant que le tribunal de Dijon a agi conformément à la loi et que toute contestation ultérieure devait être examinée par le Conseil d'État.
- Code de justice administrative - Article R. 811-1 : Ce texte stipule que les décisions rendues par le tribunal administratif sur les demandes de remise gracieuse ne peuvent être appelées devant une cour administrative d'appel, renforçant ainsi le caractère exclusif de la compétence du tribunal administratif dans ces cas.
La cour rappelle ainsi que le droit administratif précise les voies de recours et leurs limites, et dans ce cas particulier, il ne restait d'autre option que d’envoyer le dossier au Conseil d'État, gardien ultime de la légalité administrative.