Résumé de la décision
M. A...C..., adjudant de la gendarmerie nationale, a demandé l'annulation d'une décision du 4 août 2011, rejetant sa demande de perception d'indemnités compensatrices pour des jours de permissions non accordés durant son détachement à la commune de Saint Symphorien d'Ozon. Un recours a également été formé contre une décision du ministre de l'intérieur du 17 février 2012, qui a confirmé le rejet de ce recours. La cour a jugé que le second acte administratif se substituait au premier et a ainsi rejeté la demande de M. C..., concluant qu'aucune disposition ne permettait d'octroyer une indemnité pour les jours de permissions non pris.
Arguments pertinents
1. Substitution des décisions administratives : La cour a statué que "la décision du 17 février 2012 [...] s'est entièrement substituée" à celle de 2011, rendant les conclusions visant à annuler la première décision irrecevables. Cela signifie que le recours contre une décision administrative n'est plus pertinent si une nouvelle décision remplace complètement la précédente.
2. Droits liés aux permissions : Selon l’article R. 4138-19 du code de la défense, "le militaire a droit à quarante-cinq jours de permissions de longue durée par année civile entière de service", et les permissions non prises peuvent être reportées uniquement pour des raisons de service. Dans ce cas, le militaire ne pouvait pas demander d'indemnité pour les jours non pris avant son détachement, car la mise à disposition était nécessaire pour son service.
Interprétations et citations légales
1. Sur la substitution des décisions : L'analyse de la cour, selon laquelle la décision du ministre se substitue à la décision précédente, est cruciale dans le contexte du droit administratif. Cela s'inscrit dans le principe de continuité et de rigueur de l’administration publique. Comme le souligne la cour, "par suite les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 4 août 2011 ne sont pas recevables".
2. Interprétation des droits aux permissions : L’article R. 4138-19 du code de la défense établit clairement que les permissions de longue durée "ne peuvent pas se reporter sur l'année civile suivante, à moins qu'elles n'aient pu être prises pour raisons de service". Cette disposition indique que le fait d’être détaché ne donne pas droit à une indemnité compensatoire pour les jours de permissions non utilisées, s'il n'est pas prouvé qu’ils n’ont pu être pris à cause de nécessités de service.
3. Absence de compensation pécuniaire : Le jugement rappelle qu'aucune réglementation ne prévoit "l'attribution d'une indemnité compensatoire de jours de permissions de longue durée que le militaire n'aurait pu prendre avant d'être placé à [...] un détachement". Ce point souligne l'absence de droit à une compensation en l'absence de justifications basées sur le service, ce qui oriente les militaires à respecter leurs engagements et à faire valoir leurs droits en temps opportun.
Ces éléments de décision mettent en lumière le cadre juridique relatif aux permissions des militaires et clarifient la portée des décisions administratives dans ce contexte.