Résumé de la décision
Dans l'affaire N° 21LY00035, M. A... B..., un ressortissant algérien, a contesté devant la Cour administrative d'appel de Lyon la légalité des arrêtés du préfet du Puy-de-Dôme du 9 octobre 2020, qui l'avaient obligé à quitter le territoire français sans délai, lui avaient fixé un pays de renvoi, avaient prononcé une interdiction de retour de six mois et l'avaient assigné à résidence. Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand avait rejeté sa demande en recours, considérant que les conclusions dirigées contre l'arrêté d'obligation de quitter le territoire étaient irrecevables en raison du non-respect du délai de recours contentieux. En appel, la cour a confirmé cette décision en rejetant les arguments de M. B... sur la forme et le fond.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité des conclusions : La cour a confirmé que les conclusions de M. B... à l'encontre de l'arrêté d'obligation de quitter le territoire n'avaient pas été déposées dans le délai de quarante-huit heures prévu par le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que par le Code de justice administrative. La cour a statué que « ses conclusions en appel dirigées contre les décisions litigieuses ne peuvent qu'être rejetées ».
2. Mêmes moyens en appel : Concernant l'arrêté d'assignation à résidence, M. B... a simplement repris le même argument que devant le tribunal administratif. La cour a alors jugé adéquat d'écarter ce moyen, en se basant sur l'irrecevabilité déjà évoquée par le magistrat de première instance.
Interprétations et citations légales
La décision de la cour repose principalement sur deux textes juridiques :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 512-1 : Cet article stipule que le recours contre les décisions administratives en matière d'éloignement doit être exercé dans un délai strict de quarante-huit heures. La non-conformité à cette exigence entraîne l'irrecevabilité du recours.
- Code de justice administrative - Article R. 776-2 : Ce texte complète le délai de recours et confirme le caractère impératif de ces délais dans le cadre de la procédure administrative.
La cour a ainsi appliqué ces dispositions en rappelant que le requérant n’avait pas respecté le délai de recours, ce qui a conduit à l'irrecevabilité de sa demande.
La décision souligne aussi l'importance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, invoqué par M. B..., mais elle n'a pas été considérée comme suffisante pour renverser l'irrecevabilité des conclusions. Le juge a souligné qu'il ne peut être fait exception aux règles de forclusion que dans des cas très limités, conditionnés par des éléments significatifs de droit.
En conclusion, la cour a statué que M. B... n'était pas fondé à attacker le jugement du tribunal administratif et a rejeté sa requête.