Résumé de la décision
Dans un arrêt du 11 mai 2017, la cour a rejeté la requête de M. C..., un ressortissant russe, visant à annuler un jugement du tribunal administratif de Lyon qui avait rejeté ses demandes d'annulation d'un refus de délivrance de titre de séjour et d'une obligation de quitter le territoire français. Les décisions contestées reposaient principalement sur le non-respect de la condition de régularité du séjour. La cour a estimé que la demande d'aide juridictionnelle n'ayant pas été faite dans le délai de recours de 30 jours, le recours était donc tardif.
Arguments pertinents
1. Fin de non-recevoir : La cour a constaté que M. C... n’avait pas respecté le délai de recours contentieux de 30 jours suivant la notification de l'arrêté contesté en raison d'une notification considérée comme effective le 8 octobre 2015, le pli ayant été retourné non réclamé. En application de l’article L. 512-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, la période pour contester l’obligation de quitter le territoire ne pouvait être prorogée faute d'une demande d'aide juridictionnelle effectuée dans le délai requis.
2. Absence de base légale : M. C... faisait également valoir que la décision d'obligation de quitter le territoire était dépourvue de base légale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour. La cour a rejeté cet argument car le refus de titre de séjour était légitime, soulignant que l'absence de régularité du séjour a conduit à cette obligation.
3. Considérations sur le droit à la vie privée : M. C... avait invoqué une violation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Cependant, la cour a jugé que la décision du préfet de la Loire était proportionnelle au but légitime de contrôler l'immigration, ne portant donc pas atteinte à ses droits.
Interprétations et citations légales
1. Délai de recours : La cour a fait référence à l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui stipule les conditions de délai pour contester une obligation de quitter le territoire français. Il est précisé que "l'étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français... peut, dans le délai de trente jours suivant sa notification, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision."
2. Demande d'aide juridictionnelle : Concernant l'aide juridictionnelle, la cour a cité l'article 38 du décret du 19 décembre 1991, soulignant que "lorsqu'une action en justice doit être intentée avant l'expiration d'un délai...", il est indispensable que la demande soit faite dans le temps imparti pour ensuite proroger le délai de recours. Dans le cas présent, M. C... n'avait pas introduit sa demande d'aide juridictionnelle dans le délai de 30 jours, rendant ainsi son recours tardif.
3. Proportionnalité et respect de la vie privée : La cour a également mentionné la nécessité de maintenir un équilibre entre la protection des droits individuels et les impératifs de l'ordre public, conformément aux exigences de l'article 8 de la Convention européenne. Les considérations de la cour indiquent que les décisions prises par les autorités ne violent pas les droits de M. C... dans un cadre proportionnel et légitime.
Conclusion
L'arrêt confirme la légalité des décisions du préfet, constatant un non-respect des délais de recours ainsi qu'une régularité dans la procédure suivie. La cour a rejeté la requête de M. C..., statuant qu'aucune des décisions contestées n’était entachée d’illégalité, tant sur le fond que sur la forme.