Résumé de la décision
La cour d'appel statue sur la requête de M. C..., qui conteste la décision du préfet de la Savoie datée du 2 mars 2020 refusant de lui délivrer un titre de séjour et lui imposant une obligation de quitter le territoire français. M. C..., marié à une ressortissante française et vivant en France depuis 2017, soutient que cette décision viole son droit au respect de sa vie privée et familiale, notamment au regard de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien. La cour rejette la requête, confirmant ainsi le jugement du tribunal administratif de Grenoble.
Arguments pertinents
La cour examine plusieurs arguments présentés par M. C... :
1. Droit au respect de la vie privée et familiale :
- M. C... fait valoir que son refus de séjour constituerait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Cependant, la cour rappelle qu'"il n'établit pas qu'il serait dénué de toute attache familiale en Algérie, pays dans lequel il a vécu jusqu'à l'âge de trente ans".
- La communauté de vie entre M. C... et sa partenaire, bien qu'établie depuis 2018, n'atteint pas un niveau suffisant pour justifier la délivrance du titre de séjour. La cour précise que "les pièces produites ne permettent pas d'établir que leur communauté de vie remonte au-delà d'avril 2019".
2. Intégration en France :
- La cour note que la promesse d'embauche de M. C... n'est pas un élément suffisant pour caractériser son intégration en France.
- La durée de son séjour (depuis avril 2017) et l'absence d'enfants au moment de la décision sont également considérées comme des facteurs déterminants.
Interprétations et citations légales
1. Accord franco-algérien :
- L'article 6 de l'accord franco-algérien stipule : "Le certificat de résidence d'un an, portant la mention vie privée et familiale, est délivré de plein droit : 5° au ressortissant algérien... dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus ... porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de refus".
- La cour interprète cet article en indiquant que M. C... n'a pas suffisamment établi que le refus de séjour porterait atteinte à son droit à la vie privée et familiale de manière disproportionnée.
2. Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) :
- L'article 8 de la CEDH prévoit le droit au respect de la vie privée et familiale : "Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi ... et est nécessaire à ... la protection des droits et libertés d'autrui".
- En se basant sur ces stipulations, la cour conclut que les ingérences dans la situation de M. C... sont justifiées et ne portent pas atteinte de manière disproportionnée à ses droits.
En conclusion, la cour rejette les conclusions de M. C..., considérant que les décisions administratives de refus de séjour et d'expulsion sont légalement fondées. Les arguments relatifs à la vie privée, à l'intégration et aux liens familiaux en France n'ont pas été jugés suffisants pour renverser la décision du préfet.