Résumé de la décision
M. A... B..., de nationalité algérienne, a contesté le refus du préfet de l'Isère de lui délivrer un certificat de résidence mentionnant "retraité", malgré ses dix années de résidence en France. Il a soutenu que ce refus était discriminatoire et contraire à l'accord d'association entre l'Algérie et l'Union européenne. La cour administrative d'appel de Lyon a rejeté sa requête, considérant que les dispositions de cet accord n’étaient applicables qu'aux personnes ayant eu un titre de séjour de longue durée à l'époque de leur arrivée en France, et a jugé que le refus du préfet ne méconnait pas les engagements internationaux de la France.
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Arguments pertinents
1. Caractère non discriminatoire de la décision :
La cour a estimé que le refus de délivrance du certificat de résidence à M. B... ne constituait pas une discrimination illégale, en précisant que "les stipulations précitées n'ouvrent le droit qu'elles consacrent qu’aux seules personnes ayant disposé d'un titre de séjour de longue durée à l'époque de leur installation en France". Cela implique que le cadre juridique s'applique différenciant entre les statuts de séjour des étrangers.
2. Conditions d'octroi du certificat :
La cour a également souligné que, selon l'article 7 ter de l'accord franco-algérien, le bénéfice du certificat de résidence "valable dix ans portant la mention 'retraité'" est réservé aux ressortissants ayant déjà obtenu un certificat de résidence valide. Par conséquent, M. B..., n’ayant jamais eu un titre de séjour valable, ne pouvait pas prétendre à ce droit.
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Interprétations et citations légales
Le principal texte de référence dans cette décision est :
- Accord franco-algérien - Article 7 ter : "Le ressortissant algérien, qui après avoir résidé en France sous couvert d'un certificat de résidence valable dix ans [...] bénéficie, à sa demande, d'un certificat de résidence valable dix ans portant la mention 'retraité'."
Cette disposition impose que pour bénéficier de la protection accordée par cet accord, il faut avoir eu un statut de résident à long terme. La cour a interprété cette exigence de manière stricte, justifiant l'impossibilité pour M. B... d'obtenir le certificat sollicité en raison de son manque de titre de séjour antérieur conforme.
La décision confirme également la légitimité de l'argument selon lequel les règlements en matière de séjour distinguent entre les différents types de titres détenus. Cette approche met en lumière le principe d'égalité devant la loi sans reconnaitre un droit à des mesures spécifiques pour ceux ayant des statuts de séjour moins stables.
En résumé, la décision rappelant que la condition de résidence stable, ainsi que la nécessité d'une reconnaissance formelle d'un titre de séjour préalable, reste centrale pour l'octroi des droits statutaires en matière d'immigration.