Résumé de la décision
Par jugement n° 1907537 daté du 9 mars 2020, le tribunal administratif de Lyon a rejeté la demande de M. A..., une décision qui a été attaquée par ce dernier par une requête enregistrée le 15 septembre 2020. Les demandes de M. A... comprenaient l’annulation du jugement et de diverses décisions concernant son obligation de quitter le territoire français, ainsi qu’une injonction au préfet du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Toutefois, par mémoire enregistré le 22 décembre 2021, M. A... a décidé de se désister des conclusions de sa requête. La Cour a pris acte de ce désistement et a décidé de ne pas allouer de frais à la charge de l'État.
Arguments pertinents
1. Droit d'être entendu : M. A... a plaidé que l'obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu, « principe général du droit de l'Union ».
2. Violation de la Convention européenne : Il a soutenu que cette obligation méconnaît l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, et qu’elle était entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation.
3. Question des délais de départ volontaire : Il a contesté la légalité de la décision fixant un délai de départ volontaire à trente jours, la qualifiant d'illégale vu l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire, et a soutenu que le délai ne devait pas courir à compter de la notification de la décision administrative.
4. Interrogations préjudicielles : M. A... a soulevé la possibilité de saisir la Cour de justice de l'Union européenne sur l’interprétation des directives européennes concernant le retour et l'asile, en questionnant la légalité de la législation nationale qui lui impose des obligations pendant la période de recours.
La cour a constaté que, dans ces circonstances, il n'y avait pas lieu de donner suite à ces arguments, d'autant plus que M. A... avait choisi de se désister.
Interprétations et citations légales
1. Droit d’être entendu et principe d’égalité des armes : La cour a implicitement rappelé l'importance du respect du droit d'être entendu dans le cadre des procédures administratives. Cela est soutenu par le principe général du droit de l'Union, qui exige que chaque individu ait la possibilité de présenter ses observations avant toute décision défavorable.
2. Article 8 de la Convention européenne : Cet article stipule le droit à la vie privée et familiale, et les arguments de M. A... sur l'illégalité des décisions administratives se fondent sur la violation potentielle de ce droit. Pour comprendre le caractère inopérant des décisions d'éloignement, il est utile de considérer que toute atteinte à la vie familiale nécessite une justification solide, comme la sécurité publique ou la prévention des troubles à l’ordre public.
3. Directive 2008/115/CE : Les interrogations à la CJUE reposent sur la question de savoir si cet acte juridique européen, qui traite des retours des citoyens étrangers en situation irrégulière, s'oppose à la mise en pièce des droits déjà reconnus aux demandeurs de protection internationale, notamment en ce qui concerne le délai de départ et l'effectivité du recours.
La cour n’a pas jugé nécessaire de poursuivre l'examen des arguments soulevés par M. A..., étant donné son désistement, mais a laissé entendre que les principes de protection internationale et de non-refoulement devaient être respectés et éclairés par les jurisprudences eu européennes.
En conclusion, cette affaire illustre les complexités ou difficultés des droits des étrangers dans le cadre des procédures d'expulsions et de l'interaction entre le droit national et le droit européen. Les implications du droit d'être entendu, la protection de la vie familiale, ainsi que l’efficacité des recours sont des points essentiels à la lumière des législations et des normes européennes.