Résumé de la décision
La Cour administrative d'appel de Marseille a jugé le 1er février 2016 la requête de la commune d'Antibes Juan-Les-Pins qui demandait le sursis à exécution de l'ordonnance n° 1502865 rendue le 28 décembre 2015 par le juge des référés du tribunal administratif de Nice. Cette ordonnance avait condamné la commune à verser à la société Vitruve Energie Côte d'Azur une provision de 10 168,11 euros et 1 000 euros au titre des frais de justice. La cour a rejeté la demande de la commune et ses conclusions en application de l'article L.761-1 du Code de justice administrative.
Arguments pertinents
La commune d'Antibes a soutenu dans sa demande que l'exécution de l'ordonnance entraînerait des conséquences difficilement réparables et pourrait lui faire subir une perte définitive d'une somme qui ne devait pas rester à sa charge. Les arguments clés de la cour soulignent que :
1. Conséquences difficiles à réparer : La cour a noté que la commune n'a pas prouvé que le versement de la provision mettrait en péril son équilibre financier ou qu'il serait matériellement impossible d'en récupérer le montant ultérieurement.
2. Condition du sursis : Pour accorder le sursis, il faut que les moyens de la requête soient sérieux et susceptibles de justifier l'annulation de l'ordonnance d'origine. La cour a jugé qu’aucune preuve n'a été fournie à cet égard par la commune.
La décision indique que "ni la circonstance que la décision attaquée ferait l'objet d'une mesure d'exécution, ni celle que les moyens invoqués à son encontre seraient sérieux et susceptibles de provoquer son annulation ne sont, à elles seules, suffisantes pour justifier le bien-fondé d'une demande de sursis."
Interprétations et citations légales
L'interprétation des textes de loi dans cette décision repose sur les conditions d'octroi d'un sursis à exécution. Les éléments juridiques pertinents incluent :
Code de justice administrative - Article R.541-6 : Ce texte stipule que le sursis à exécution d'une ordonnance accordant une provision peut être prononcé si l'exécution de celle-ci "risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables" et si les moyens avancés paraissent sérieux. La cour a précisé que "la commune appelante n'établit pas que le versement de la provision litigieuse serait de nature à mettre en cause son équilibre financier ou que la récupération éventuelle de ladite provision serait matériellement impossible."
Cette décision clarifie que les demandes de sursis doivent être étayées par des preuves tangibles concernant l'impact financier, et que les assertions d'illégalité d'un acte ne suffisent pas à garantir un sursis si elles ne sont pas suffisamment étayées.
La cour a ainsi rejeté la demande de la commune, indiquant que les conditions posées par la loi pour accorder un sursis à exécution n'étaient pas remplies. Les conclusions de la commune en vertu de l'article L.761-1, qui prévoit la possibilité de condamner une partie à payer les frais de justice, ont également été rejetées sans explication additionnelle.