Résumé de la décision
La Cour administrative d'appel de Marseille a rejeté, par ordonnance du 2 juillet 2018, la requête de la commune de Six-Fours-Les-Plages, qui demandait d'appeler à la cause les sociétés CMTP, MONTI, TGC LOCATION et SATYN dans le cadre d'une expertise ordonnée par la Cour. Cette expertise avait pour objet d'évaluer les préjudices subis par M. et Mme B... en raison d'un dépôt illicite de déchets sur leur propriété. La commune souhaitait également que la mission de l'expert soit étendue pour évaluer le coût de la remise en état de la propriété, mais la Cour a considéré que ces sociétés étaient manifestement étrangères au litige.
Arguments pertinents
1. Responsabilité établie : La Cour a rappelé que, par son arrêt du 13 mars 2018, la responsabilité de la commune de Six-Fours-Les-Plages et de l'État a été retenue à raison de leur carence dans l'exercice de leurs pouvoirs de police prévue par le Code de l'environnement. Elle a précisé que l'expertise était centrée uniquement sur les préjudices directs des requérants, M. et Mme B..., sans impliquer les sociétés citées.
> "L'expertise ordonnée en vertu de cet arrêt a pour seul objet d'évaluer le préjudice moral, le préjudice de jouissance et le préjudice résultant du coût de la remise de la propriété de M. et Mme B... en son état antérieur au dépôt des déchets".
2. Injonction temporelle : La Cour a également noté que l'injonction donnée au maire de faire usage de ses pouvoirs de police ne relevait que de la nécessité d'arrêter les dépôts illicites et n’impliquait pas l’interrogation sur le coût de la remise en état du terrain imputable à d'autres entreprises.
> "Cette injonction a seulement pour objet et pour effet de mettre fin pour l'avenir au dépôt illicite de déchets sur cette propriété".
3. Nature des parties : Les sociétés CMTP, MONTI, TGC LOCATION et SATYN n'avaient pas de lien direct avec la responsabilité telle qu'établie par la Cour, les rendant manifestement étrangères au litige.
> "Dès lors, ces sociétés ne peuvent être appelées en qualité de parties à l'expertise ordonnée par l'arrêt de la Cour du 13 mars 2018".
Interprétations et citations légales
1. Article R. 532-1 du Code de justice administrative : Ce texte permet au juge des référés de prescrire toute mesure utile d'expertise.
> "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction".
2. Article L. 541-3 du Code de l'environnement : Ce volet législatif stipule les pouvoirs de police des autorités en matière de gestion des déchets, mais la Cour a précisé que cette responsabilité était déjà jugée dans un arrêt précédent et ne nécessitait pas d'implication des sociétés concernées par la requête.
> "L'expertise ordonnée en vertu de cet arrêt a pour seul objet d'évaluer le préjudice".
Dans cette affaire, la Cour a ainsi affirmé que la relation de causalité entre les dépôts de déchets et la responsabilité des sociétés requises n’était pas démontrée suffisamment, justifiant le rejet de la requête de la commune.