Résumé de la décision
La décision concerne une demande de transmission d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) formulée par Mme C... et M. E..., contestant la conformité à la Constitution des dispositions de l'alinéa 25 du I de l'article 199 undecies B du code général des impôts. Les requérants soutiennent que ces dispositions, qui subordonnent la réduction d'impôt à l'existence d'un contrat de location commercial, méconnaissent le principe d'égalité devant l'impôt. La Cour a rejeté cette demande, estimant que la disposition contestée n'était pas applicable au litige en cours, car une partie des remises fiscales ne se basait pas sur l'article en question et que le dégrèvement avait déjà été prononcé par l'administration fiscale.
Arguments pertinents
1. Applicabilité de la disposition contestée : La Cour a examiné si les dispositions de l'article 199 undecies B du code général des impôts étaient applicables au litige. Elle a constaté que l'avantage fiscal en question avait été requalifié par l'administration sur un autre fondement, ce qui a conduit à conclure que la disposition litigieuse n'était pas applicable.
> "La disposition en cause ne peut être regardée comme applicable au litige ou à la procédure au sens de l'article 23-2 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 modifiée."
2. Bénéfice d'un dégrèvement par l'administration : La Cour a souligné qu'un dégrèvement avait été accordé sur la base de la législation contestée pour l'un des investissements, ce qui démontre qu'il n'y a pas de litige sur cette question.
> "Par décision du 3 juillet 2017, le directeur départemental des finances publiques a prononcé, à concurrence de la somme de 4 628 euros, le dégrèvement de la totalité des droits et pénalités."
Interprétations et citations légales
L'article 61-1 de la Constitution du 4 octobre 1958 permet de soumettre au Conseil constitutionnel une question relative à la conformité d'une loi si elle est soulevée devant une juridiction. Cette possibilité est précisée par l’article 23-2 de l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, qui établit les conditions pour la transmission d'une QPC :
- Ordonnance n° 58-1067 - Article 23-2 : « La juridiction statue sans délai par une décision motivée sur la transmission de la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil d'État ou à la Cour de cassation. [...] 1° La disposition contestée est applicable au litige ou à la procédure (...) »
De plus, l'article R. 771-7 du code de justice administrative stipule :
- Code de justice administrative - Article R. 771-7 : « Les présidents de formation de jugement des cours peuvent, par ordonnance, statuer sur la transmission d'une question prioritaire de constitutionnalité. »
La décision de la Cour a donc mis en évidence l'importance de la condition d'applicabilité dans le cadre des demandes de transmission de QPC, rappelant que pour qu'une question soit considérée, elle doit toucher directement les litiges en cours dans les procédures devant la juridiction saisie. Ce raisonnement est fondamental pour la protection des droits et libertés garantis par la Constitution, tout en s'assurant que les dispositions contestées soient véritablement pertinentes au cas examiné.