Résumé de la décision
Dans sa décision du 15 septembre 2021, la Cour administrative d'appel de Marseille a rejeté la requête de Mme B..., qui avait été victime d'une chute en trottinette sur la voie publique. Mme B... contestait une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nîmes, datée du 29 juin 2021, qui avait refusé de lui accorder une provision à valoir sur l'indemnisation de ses préjudices. La Cour a considéré que la créance de Mme B... à l'encontre de la commune de Milhaud n'était pas non sérieusement contestable, ce qui a justifié le rejet de ses demandes.
Arguments pertinents
1. Motivation de l'ordonnance : La Cour a confirmé que l'ordonnance du juge des référés était suffisamment motivée et a indiqué que les éléments fournis par Mme B... n'étaient pas suffisants pour établir la responsabilité de la commune.
> « la créance que Mme B... prétendait détenir sur la commune de Milhaud ne présentait pas le caractère non sérieusement contestable requis par les dispositions rappelées ci-dessus de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. »
2. Existence de l'obligation : La Cour a souligné qu'il n'était pas prouvé que l'accident soit survenu dans des circonstances clairement établies, pointant l'absence de témoignages et la nature insuffisante des preuves documentaires.
> « ni l'attestation de la personne qui déclare lui avoir porté secours [...] ne permettent d'établir que l'accident dont la requérante a été victime s'est produit dans les circonstances qu'elle décrit. »
3. Précautions normales des usagers : La Cour a également fait valoir que les défectuosités sur la chaussée ne constituaient pas un risque excédant ceux que les usagers doivent anticiper.
> « [...] que ces défectuosités auraient, par leur situation et leurs dimensions et compte tenu des circonstances de temps et de lieu, présenté un risque excédant ceux contre lesquels les usagers doivent normalement se prémunir par des précautions convenables. »
Interprétations et citations légales
L'affaire se fonde principalement sur l'article R. 541-1 du code de justice administrative, qui prend en compte les conditions dans lesquelles un juge des référés peut accorder une provision. Cet article précise que le juge peut opérer une telle demande quand "l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable".
- Code de justice administrative - Article R. 541-1 : « Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. »
L'interprétation de cette disposition par la Cour met en avant l'idée selon laquelle pour qu'une créance soit considérée comme « non sérieusement contestable », il faut que les preuves avancées soient probantes et suffisantes pour établir la responsabilité, ce qui n'était pas le cas dans l'instance considérée. La cour a ainsi appliqué ce critère rigoureusement pour justifier le rejet de la demande de provision de Mme B....
En somme, cette décision souligne l'importance de la preuve dans les procédures de référé et exige un niveau acceptable de preuve pour valider une responsabilité dans des accidents sur la voie publique.