Résumé de la décision
Le 5 février 2019, le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande de M. E..., gérant de la SARL Bellas Sud, visant à obtenir la décharge d'une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, résultant de la réintégration de recettes minorées considérées comme des revenus distribués par sa société. M. E... a interjeté appel contre ce jugement. La Cour administrative d’appel de Marseille a, par ordonnance du 20 mai 2020, rejeté la requête, concluant qu'elle était manifestement dépourvue de fondement.
Arguments pertinents
1. Irrégularité de la vérification de comptabilité : M. E... a soutenu que la vérification de comptabilité de la SARL Bellas Sud était irrégulière, car l'administration n’avait pas précisé les références d'entreprises utilisées pour la comparaison des recettes. Cependant, la Cour a affirmé que cette irrégularité, même si elle était établie, n'affectait pas l'imposition personnelle de M. E..., en vertu du principe d'indépendance des procédures de rectification concernant une société et ses associés.
2. Conséquence des recettes minorées : M. E... a contesté que les recettes minorées puissent être considérées comme des revenus distribués s'il n'y avait pas eu d'appréhension par ses soins. La Cour a écarté cet argument, se basant sur des motifs retenus par le tribunal administratif, impliquant que les recettes concernées pouvaient légitimement être qualifiées comme des revenus distribués.
3. Justification des pénalités : M. E... a également remis en question la justification des pénalités pour manquement délibéré. La Cour a de nouveau jugé cet argument infondé, se référant aux motifs établis par le tribunal de première instance.
Interprétations et citations légales
1. Indépendance des procédures : La décision mentionne que "l'irrégularité de la procédure de rectification suivie à l'encontre de la société [...] est sans incidence sur l'imposition personnelle de M. E...". Ceci souligne le principe selon lequel les procédures fiscales à l'égard d'une société et de ses associés sont distinctes, empêchant une irrégularité relative à la société d'affecter les droits de l'associé.
2. Code général des impôts - Article 109-1 : Cet article stipule que "les revenus distribués par les sociétés sont constitués par les sommes, biens ou valeurs [...] mises à la disposition des associés". La Cour a appliqué cet article pour justifier que les recettes reconstituées pouvaient être considérées comme des revenus distribués à M. E..., même sans preuve d’appréhension par son intermédiaire.
3. Code de justice administrative - Article R. 222-1 : Cet article autorise le président de la Cour à rejeter des requêtes manifestement dépourvues de fondement, ce qui constitue la base légale sur laquelle la Cour a décidé de rejeter la demande de M. E..., en constatant que les arguments présentés étaient infondés et en adoptant les motifs précédemment retenus par le tribunal administratif.
En conclusion, la Cour a rejeté la requête de M. E..., considérant que les arguments avancés ne remettaient pas en cause le bien-fondé des impositions contestées.