Résumé de la décision :
La société Electricité de France a demandé l'annulation de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montpellier, qui avait ordonné une expertise médicale concernant l'éventuel lien entre les pathologies de Mme D... et la proximité de sa résidence face à des infrastructures électriques. La Cour a confirmé la décision du juge des référés, rejetant la demande d’EDF de la mettre hors de cause et ordonnant la poursuite de l’expertise.Arguments pertinents :
1. Qualité de partie à l'expertise : La Cour a jugé que "la société Electricité de France... ne peut être regardée comme manifestement étrangère à un tel litige", soulignant ainsi qu'EDF, bien qu'elle ne soit ni propriétaire ni exploitante des installations, a un lien suffisant avec le litige potentiel pour être incluse comme partie à l'expertise.2. Utilité de l'expertise : Il est affirmé que "eu égard aux risques potentiels pour la santé... la mesure d'expertise demandée est utile", en se basant sur des données statistiques concernant l'exposition aux champs électromagnétiques, justifiant ainsi le besoin d'une telle mesure.
Interprétations et citations légales :
1. Article R. 532-1 du Code de justice administrative : "Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction..." Cet article établit la compétence du juge des référés à ordonner des mesures d'expertise en vue de soutenir des litiges potentiels, même en l'absence d'une décision administrative préalable.2. Lien avec le risque pour la santé : La décision mentionne une "correlation statistique significative entre l'exposition résidentielle à des champs électromagnétiques de très basse fréquence et un risque accru de survenance de certaines pathologies". Cela soulève des questions sur la responsabilité et le devoir de diligence des entreprises liées à la production et au transport d'électricité en matière de santé publique.
En somme, la décision confirme la possibilité de voir une entreprise comme partie prenante dans un litige lié à des impacts sanitaires même si elle n’est pas directement propriétaire ou exploitante des installations incriminées, et reconnait l’importance et l’utilité de l’expertise demandée devant les risques sanitaires potentiels associés aux installations électriques.