Résumé de la décision
M. B..., agent de La Poste, a contesté une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montpellier, datée du 9 janvier 2020, qui refusait l’ordonnance d'une nouvelle expertise médicale. M. B... arguait que le rapport d'expertise initial, établi par le docteur Halimi, était incompatible avec son état de santé psychique, et qu'il n'avait pas pu faire valoir ses observations lors de l'examen. La cour administrative d'appel de Marseille, par une décision du 25 février 2020, a rejeté la requête de M. B..., confirmant que la demande de nouvelle expertise n’était pas justifiée.
Arguments pertinents
1. Appréciation de l'utilité d'une expertise : Le juge des référés doit évaluer l'utilité d'une expertise demandée en tenant compte des moyens dont dispose le requérant et de l'intérêt de celle-ci par rapport à un litige principal. Le juge a conclu que M. B... ne justifiait pas l'utilité de la nouvelle mesure d'expertise, car sa demande se fondait sur la contestation de l’expertise existante, qui relevait de l’appréciation du juge du fond.
> Citations pertinentes : "l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner doit être appréciée... au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal" (décision du CE, 14.02.2017, n° 401514).
2. Régularité de l'expertise : La cour souligne qu'il n'appartient pas au juge des référés de vérifier la régularité d'une expertise antérieure, ce qui signifie que les critiques concernant le rapport d'expertise du docteur Halimi ne pouvaient pas constituer un fondement suffisant pour ordonner une nouvelle expertise.
> "Il n'appartient pas au juge des référés... d'apprécier la régularité d'une expertise précédemment ordonnée".
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article R. 532-1 : Cet article confère au juge des référés le pouvoir de prescrire des mesures utiles d'expertise. Dans le contexte de l'affaire, le juge a observé que l'absence d'éléments nouveaux ne pouvait justifier une nouvelle expertise.
2. Code de justice administrative - Article L. 555-1 : Il établit que le président de la cour administrative d'appel a compétence pour statuer sur les appels formulés contre les décisions rendues par le juge des référés. Il indique également que les appels de M. B... à la suite de décisions antérieures relèvent davantage de la juridiction de fond et non d'une mesure d'urgence.
3. Urgence et conséquences : La cour a constaté que M. B... n’a pas précisé les conséquences d'éventuelles convocations non suivies, indiquant que l'aspect d'urgence allégué par le requérant était insuffisamment étayé pour justifier la saisine du juge des référés.
> "Il ne précise, toutefois, pas les conséquences qui se sont effectivement attachées, plus de cinq mois plus tard, au non respect de cette convocation".
En somme, la cour a tranché que la demande de M. B... de prescrire une nouvelle expertise médicale était infondée, tant sur le plan de l'utilité que sur celui des compétences judiciaires du juge des référés.