Résumé de la décision
Mme C..., ressortissante marocaine, a demandé au juge des référés de la Cour administrative d'appel de Marseille de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 9 juin 2016, qui a refusé le renouvellement de son titre de séjour et l'a contrainte de quitter le territoire français. Le juge a rejeté sa demande, estimant qu'elle n'établissait pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision administrative contestée.
Arguments pertinents
1. Absence d'erreur de droit : Le préfet n'a pas commis d'erreur en se référant à l'article L. 5221-2 du code du travail, qui traite des autorisations de travail pour les étrangers souhaitant entrer en France. Le préfet a reconnu que Mme C... était dans un processus de changement de statut, d'étudiant à salarié. Le juge a noté que cette mention ne constituait pas une erreur de droit ou de fait, affirmant que “le moyen tiré par Mme C... de l'existence de telles erreurs de droit ou de fait n'est pas propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.”
2. Inadéquation des autres moyens : Les autres moyens avancés par Mme C..., tels que la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme (qui protège le droit au respect de la vie privée et familiale), la méconnaissance du pouvoir de régularisation du préfet et l'erreur manifeste d'appréciation, n'ont pas été jugés capables de créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. Le juge a déclaré que “les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne… ne sont pas davantage propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.”
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du Code de justice administrative : Cet article stipule qu'un juge des référés peut suspendre une décision administrative lorsqu'il existe un doute sérieux concernant la légalité de celle-ci. La décision stipule que “le juge des référés… peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.” Dans ce cas, les arguments de Mme C... n'ont pas satisfait cette exigence.
2. Article L. 5221-2 du Code du travail : Cet article, auquel le préfet a fait référence, s'applique aux ressortissants étrangers souhaitant entrer en France et ne s'applique pas au cas de Mme C..., qui était déjà présente sur le territoire. Toutefois, la cour a considérée que la référence à cet article ne constituait pas une erreur ontologique.
3. Article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme : Cet article protège le droit à la vie privée et familiale. Le juge a noté que les arguments relatifs à cette disposition ne suffisaient pas à remettre en question la légitimité de la décision du préfet.
Conclusion : La décision du juge des référés met en lumière l'importance des arguments juridiques solides lorsqu'il s'agit de contester une décision administrative et souligne que l'existence d'erreurs de droit ou de fait doit être substantiellement prouvée pour qu'une suspension soit accordée.