Résumé de la décision
Dans cette affaire, la Cour a été saisie d'un appel concernant le jugement du tribunal administratif de Marseille du 3 octobre 2017 qui avait annulé une délibération de la commune de Marseille relative à la réglementation des accueils périscolaires. Cependant, la Cour a annulé l'article 2 de ce jugement, qui avait rejeté la demande de l'Association des familles pour le droit à une vie décente et de Mme M'Saidie en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au motif qu'elles devaient être indemnisées des frais non compris dans les dépens. La commune de Marseille a donc été condamnée à verser 2 400 euros aux requérantes.
Arguments pertinents
- Qualité d'intérêt à agir : La Cour a estimé que Mme M'Saidie avait justifié son intérêt à agir. Sa déclaration de revenus et son certificat de scolarité ont été jugés suffisants pour établir sa situation de parent sans emploi, renforçant ainsi sa légitimité à contester la délibération.
- Fondement de la condamnation : La Cour a constaté que, par le jugement annulant la délibération en question sur le fondement du principe d'égalité, il était erroné de ne pas condamner la commune aux frais engagés. La Cour a précisé que "dans ces conditions, c'est à tort qu'ilsont rejeté... la demande" au titre des frais exposés.
- Application de l'article L. 761-1 : En croyant devoir faire preuve de discernement selon les circonstances de l'affaire, la Cour a appliqué l’article L. 761-1, qui stipule que les frais exposés devraient être remboursés par la partie perdante dans l'instance.
Interprétations et citations légales
La décision fait largement référence aux applications des textes du code de justice administrative, notamment :
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article précise que "Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens." Cela met l'accent sur la capacité du juge à accorder des frais de justice même si la partie condamnée se trouve dans une situation économique précaire.
- Application au cas concret : La Cour a ainsi appliqué cette disposition dans le cadre de sa décision, justifiant que la Commune, bien qu'elle ait annulé une partie de la délibération, ne pouvait échapper à la condamnation pour remboursement des frais exposés, renforçant l'idée d'équité et de prise en compte de la situation des parties.
En conséquence, la Cour réaffirme le principe selon lequel même en cas de relativité des succès au litige, la nécessité de garantir le remboursement des frais de justice reste prépondérante, projetant une vision plus large de justice économique dans les recours administratifs.