Résumé de la décision
Le 14 juin 2021, la Cour administrative d'appel a rejeté la requête du préfet du Var visant à annuler le jugement du tribunal administratif de Marseille, qui avait annulé un arrêté d'éloignement pris à l'encontre de M. D..., un ressortissant tunisien. M. D... avait été interpellé le 8 décembre 2020 sans documents de séjour et avait manifesté sa volonté de demander l'asile. La Cour a jugé que, malgré le caractère dilatoire de la demande d'asile présentée ultérieurement, M. D... devait être considéré comme un demandeur d'asile et ne pouvait donc pas faire l'objet d'une mesure d'éloignement.
Arguments pertinents
1. Droit à l'asile : La Cour a affirmé que M. D..., ayant clairement exprimé son intention de demander l'asile lors de son audition, devait être traité comme un demandeur d'asile, et ce, peu importe le moment où la demande a été formellement déposée. La décision souligne que "l'autorité administrative est tenue d'autoriser le maintien d'un demandeur d'asile sur le territoire en dehors des cas limitativement énumérés".
2. Dilatoire ou non : La Cour a rejeté l'argument du préfet qui soutenait que la demande d'asile tardive de M. D... était dilatoire et pouvait justifier la mesure d'éloignement. Selon la Cour, le statut de demandeur d'asile de M. D... devait prévaloir sur le caractère dilatoire allégué.
Citation pertinente :
>"M. D..., qui a clairement manifesté sa volonté de demander l'asile lors de son audition par les services de police le 8 décembre 2020 [...] ne pouvait dès lors faire l'objet d'une mesure d'éloignement."
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs dispositions du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 741-1 :
- Cet article stipule que tout étranger souhaitant demander l'asile doit se présenter à l'autorité administrative, ce qui implique un droit à l'enregistrement de la demande.
- Pellicule de protection pour le demandeur d'asile, l'article impose que la délivrance d'une attestation ne peut être refusée simplement en raison de l'absence de documents de séjour.
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 743-2 :
- Il dresse une liste des cas limitatifs dans lesquels l'attestation de demande d'asile peut être refusée, mais M. D... ne tombait dans aucune de ces catégories, ce qui renforce son droit au maintien sur le territoire.
Interpretation :
- Ces textes montrent que l’intention exprimée par M. D... de demander l’asile participe d’un droit fondamental, qui ne peut être mis en échec par une évaluation subjective de la pertinence du timing de sa demande. La cour note qu'en tant que demandeur d'asile, M. D... doit bénéficier de protections spécifiques, et que les mesures d'éloignement ne peuvent pas s'appliquer tant que cette demande n'est pas réglée.
En conclusion, la décision de la Cour met l'accent sur le respect des droits des demandeurs d'asile et les obligations des autorités administratives, affirmant le principe selon lequel la simple intention de demander l'asile engage un droit au séjour, indépendamment des circonstances entourant le moment de la présentation de cette demande.