Résumé de la décision :
Dans cette affaire, la société MB Architecture a demandé à la Cour administrative d'appel de Marseille d'ordonner à la commune de Pietrosella d'exécuter un jugement du tribunal administratif de Bastia, qui avait condamné la commune à verser une somme d'argent à la société. La commune a réagi en retirant la décision de résiliation d'un marché de maîtrise d'œuvre et a indiqué qu'une procédure judiciaire était en cours. La Cour a finalement rejeté la demande de MB Architecture, estimant que la société avait un recours direct pour récupérer les sommes dues sans avoir besoin d'une intervention supplémentaire de la Cour.
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Arguments pertinents :
1. Inexécution du jugement : La société MB Architecture soutenait que la commune ne s'était pas conformée au jugement du tribunal administratif de Bastia, lui étant défavorable.
2. Retrait de la décision de résiliation : La commune a justifié sa non-exécution par son arrêté du 19 janvier 2016, qui a retiré la décision de résiliation du marché.
3. Recours judiciaire : La Cour a affirmé que la société MB Architecture avait la possibilité de récupérer les sommes dues par le biais d'une voie direct, sans nécessiter une injonction judiciaire supplémentaire sur l'exécution.
Citation clé : « Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de cette société tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Pietrosella [...] de lui payer les sommes en litige. »
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Interprétations et citations légales :
Les décisions de la Cour reposent sur plusieurs articles du Code de justice administrative.
1. Code de justice administrative - Article L. 911-4 : Cet article stipule que la partie intéressée peut demander l'exécution d’un jugement ou d’un arrêt en cas d'inexécution. Il précise également que si le jugement ou l'arrêt n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction peut intervenir pour les définir et éventuellement fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. Ce mécanisme est souligné dans la décision.
2. Code de justice administrative - Article L. 911-9 : Cet article précise les modalités d'exécution d'une décision passée en force de chose jugée concernant le paiement d’une somme d'argent par une personne publique. Il établit qu'une collectivité locale doit procéder au paiement dans un délai de deux mois, faute de quoi l'État doit intervenir. Cette disposition souligne la responsabilité de la commune dans la gestion de ses obligations financières.
Citation directe : « Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné une collectivité locale ou un établissement public au paiement d'une somme d'argent [...] cette somme doit être mandatée ou ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. »
En somme, la Cour considère que la voie du droit est suffisamment ouverte à la société MB Architecture pour effectuer le recouvrement des sommes sans avoir besoin d’une injonction de la Cour. Cette interprétation renforce l’idée que les contentieux administratif, notamment sur les paiements, peuvent souvent être réglés sans nécessiter une intervention judicaire additionnelle.